Les autorités françaises attendaient avec une certaine impatience la date du 30 juillet. Les services de la préfecture de Mayotte se disaient qu’après le référendum constitutionnel, les reconduites à la frontière des « clandestins » présents à Mayotte pourraient reprendre leur cours. Il n’en est rien. Au contraire, le président Azali Assoumani a radicalisé sa position. Dans un discours prononcé jeudi 9 août à Domoni dans l’île d’Anjouan, le président comorien a déclaré : « Tous les problèmes que nous avons eus dans ce référendum, leur seule cause reste notre opposition aux expulsions de Comoriens de leur propre pays, l’île de Mayotte. Et nous ne céderons pas. Je veux que ce pays se développe sans l’ancienne puissance coloniale… ».

Le président Azali n’en a pas dit plus sur « les problèmes du référendum » auxquels il fait référence; sachant que la Cour Suprême du pays a proclamé une large victoire du « Oui » et une grande participation.

 


Mayotte, un thème de campagne électorale



Le choix de la ville de Domoni pour prononcer ces paroles est symbolique : c’est le point de départ de la majorité des « kwassas » vers Mayotte.

Ce thème de « l’occupation illégale de Mayotte par la France » est fédérateur. Le président Azali entend ainsi couper l’herbe sous le pied de ses opposants. Il va plus loin en accusant son prédécesseur Ahmed Abdallah Sambi d’avoir été « complice de la départementalisation de Mayotte ».

La classe politique comorienne se retrouve à fronts renversés. Auparavant Sambi était considéré comme « anti-français » et Azali plutôt « pro-français ».

Le ton de la campagne pour la réélection d’Azali Assoumani est donné. La préfecture de Mayotte doit en tout cas s’attendre à une longue période sans pouvoir reconduire les « sans-papiers ».