L'actualité régionale 20 Mars

Passage d'Idai au Mozambique
© Capture d'écran samarew.com
Bruno Minas
Publié le

CYCLONE IDAI


Il est encore difficile de se faire une idée précise de l’ampleur du désastre au Mozambique


Le président mozambicain Felipe Nyusi craint qu’il y ait plus de mille morts.
Le cataclysme a frappé aussi le Malawi et le Zimbabwe voisins. Il n’y plus de communications, plus de ponts, plus de routes…
Deux compagnies de téléphonie mobile du pays sont en train d’essayer de rétablir des réseaux autant que possible dans la région de Beira ; afin que les secours et les citoyens aient les moyens de communiquer.  Beira est la ville portuaire la plus touchée par le passage du cyclone Idai, mais dans les zones rurales c’est peut-être pire. Plus au nord, les rives du fleuve Zambèze étaient déjà inondées par de très fortes pluies une semaine avant le passage du cyclone. On ne sait pas ce qui se passe près de l’embouchure du Zambèze entre les localités de Caia et Marromeu, où se trouve une grande usine sucrière gérée par des mauriciens. Il semblerait que le fleuve soit monté de 8 mètres.
La solidarité s’organise de partout. Les différentes implantations de la croix rouge rassemblent des kits de secours, c’est le cas à la Réunion et Mayotte. Le gouvernement sud-africain a appelé à une grande collecte de dons. L’Inde a décidé de dépêcher trois navires marchands avec des vivres et des médicaments. Le gouvernement portugais, l’ancienne puissance coloniale, apporte son aide et essaie d’avoir des nouvelles de ses ressortissants qui vivent encore dans ces régions.






COMORES

Le candidat du parti Juwa est obligé d’interrompre sa campagne pour la journée de mercredi


Le candidat de Juwa est maitre Mahamoud, en même temps avocat de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi aujourd’hui emprisonné, accusé de détournement de fonds. Or M. Sambi a été convoqué ce mercredi par le juge d’instruction. L’avocat doit l’y accompagner, et ne peut donc pas tenir de meeting ce jour alors qu’on est dans la dernière droite avant le scrutin de dimanche. L’équipe de Mahamoud y voit une manœuvre du gouvernement destinée à déstabiliser sa campagne.
Autre intervention de la justice en pleine campagne : un soutien du candidat Mohamed Soilihi, alias campagnard, est convoqué chez le procureur aujourd’hui. Le capitaine Rachadi Abdallah avait appelé dans un meeting à « déloger Azali Assoumani de Beit Salam et à mettre à la place le Colonel Soilihi », en faisant allusion à des armes. Il sera amené à s’expliquer sur le sens de ses propos.


Le président Azali mène une fin de campagne au pas de course. Il était hier soir à Anjouan

Le stade Missiri à Mutsamudu était bondé mardi pour écouter le président candidat dans une ambiance de fête. La veille au soir, Azali Assoumani s’est livré à presse pour parler de ses projets. On retiendra qu’il ne faudra pas compter sur la manne pétrolière avant 25 ans. ; qu’il veut développer le tourisme, l’ylang-ylang et le clou de girofle ; qu’il veut privatiser des sociétés d’Etat. Il a dit aussi qu’il n’y aura pas de grâce présidentielle dans l’immédiat pour les prisonniers : « Il n’est pas possible que pour des faits aussi graves, tels que les complots contre la sûreté de l’Etat ou la mutilation d’un gendarme, soient graciés un mois après le prononcé des peines ». Le président sortant a rejeté les soupçons de fraude électorale. Il a dit enfin qu’il était très probable de l’emporter dès le premier tour … sans tricher.




MADAGASCAR

L’armée déploie des moyens importants pour la sécurité intérieure


Trois cent soldats ont reçu une formation de commandos, et ont été envoyés dans des zones rurales du nord de la Grande Ile. Ils sont lourdement armés, et viennent en appui de la gendarmerie. Une cérémonie a été organisée le week-end dernier en présence du ministre de la défense, comme pour un véritable départ à la guerre.  Ce n’est qu’un début. D’autres sont attendus dans le sud où des régions entières échappent à l’autorité de l’Etat. Elles sont sous la coupe des redoutables « Dahalo », les bandes armées de voleurs de zébus. Le président Rajoelina avait promis durant sa campagne que l’armée serait équipée et entrainée pour venir à bout de ces bandits.  Ils sèment la terreur à tel point que les gendarmes ont lâché prise dans de nombreuses localités.


Andry Rajoelina s’est rendu à Tamatave où il nourrit de grands projets

Le président malgache a fait appel à un architecte espagnol pour remodeler le front de mer et la plage de Tamatave. L’ambition affichée n’est pas petite, il s’agit de faire de Tamatave une sorte de Miami. Il a même baptisé ce projet « Miami Beach ». On en est encore très loin même si effectivement le cadre naturel du littoral de la ville peut permettre de rêver à ce genre de « waterfront » à l’américaine. Autre projet : une autoroute à quatre voie qui reliera le port à la Route Nationale 2 qui monte vers Antananarivo. En attendant, Andry Rajoelina s’est déclaré très déçu par la saleté qui règne à Tamatave.




MAURICE

Le premier ministre mauricien Pravind Jungnauth a rencontré hier à Londres son homologue britannique Theresa May


Très accaparée par la crise du Brexit, Theresa May a trouvé un peu de temps pour parler des Chagos avec le dirigeant mauricien. Maintenant que la Cour Internationale de Justice des Nations-Unies a dit que la Grande Bretagne doit rendre l’archipel à l’île Maurice, que faire ? L’idée de Theresa May consiste surtout à faire trainer les choses. Elle propose un cadre de discussion permanent, et l’envoi d’une mission du « Foreign Office » à Maurice. De son côté Pravind Jugnauth a rappelé la détermination de Maurice de remettre le sujet sur la table à l’Assemblée Générale des Nations Unies.





SEYCHELLES

Les Seychelles négocient avec les autorités du Bangladesh sur les travailleurs immigrés


Les Seychelles ont imposé une interdiction, un moratoire,  de  six mois pour tout recrutement de bangladeshis dans l’archipel. Cela fait suite à une affaire de trafic d’être humains où des travailleurs se sont retrouvés en situation de quasi esclavage, privés de salaires et privés de papiers ; non pas par des employeurs seychellois, mais par certains de leurs compatriotes installés aux Seychelles. Il y a précisément 1 724 bangladeshis aux Seychelles. Quelques uns ont bien réussi dans des business pas toujours très clairs d’importation de main d’œuvre. Hormis ce pays, d’autres travailleurs migrants viennent du Sri Lanka et des Philippines, essentiellement dans la construction et dans l’hôtellerie.



Les Seychelles reçoivent un soutien important de l’Indonésie pour sauver les toxicomanes

L’agence indonésienne des stupéfiants fournira tout le matériel nécessaire et la formation des personnels pour un nouveau centre de réhabilitation dans l’île de Mahé. Pour commencer, sept toxicomanes seychellois sélectionnés par des psychiatres passeront six mois en Indonésie où ils subiront une rééducation complète. Ils reviendront travailler avec l’agence seychelloise de prévention contre les drogues.
Il y a beaucoup de personnes accrocs aux stupéfiants au Seychelles. On y compte 5000 héroïnomanes, sur une population d’à peine 100 000 habitants. A tel point qu’on a dû y créer un secrétariat d’Etat pour la prévention de la toxicomanie.