L'actualité régionale 11 Avril

Comores votes et troubles
Bruno Minas
Publié le

COMORES

Un comorien arrivant à Mayotte par kwassa, avec des papiers français en règle, c’est très rare mais ça existe


C’est le cas d’un des candidats à la présidentielle Achmet Said Mohamed qui était le plus jeune dans la course et qui a rejoint le Conseil National de Transition pour contester le résultat. Achmet était recherché par la gendarmerie, il a dû se cacher depuis l’élection. Ne pouvant pas passer la frontière par l’aéroport sans se faire arrêter, il a fui en kwassa vers Mayotte. Ce n’était qu’un court transit, il est déjà en métropole depuis hier.
Son directeur de campagne a été arrêté hier à Moroni, il s’agit du docteur Nizar Ahamada, chirurgien à l’hôpital El-Marouf. Il vient encore grossir les rangs des nombreuses personnes raflées depuis l’élection.
Par ailleurs, on a appris de témoins visuels que le journaliste Abdallah Agwa extrait de sa prison depuis le début de la semaine a été vu à la gendarmerie, où il serait interrogé. On ne sait pas sur quelle affaire.


Des membres de la diaspora franco-comorienne font circuler une lettre ouverte adressée au président Emmanuel Macron

Les auteurs de cette lettre demandent au président français de condamner fermement les exactions et les arrestations arbitraires et de ne pas reconnaitre « le dictateur putchiste Azali » comme le représentant légitime des Comores. La diplomatie française est invitée à « soutenir l’Union Africaine pour l’ouverture d’un dialogue inclusif »… « et la tenue de nouvelles élections crédibles ».

D’un autre côté, dans un message sur twitter, le directeur de campagne d’Azali, Houmed Msaidié, reproche aux autorités françaises d’avoir reçu des membres du CNT, « conçu pour réaliser un coup d’Etat ». « Et on nous parle de la fin de la françafrique ? » conclut-il.





MADAGASCAR

Les contrôles de température sont devenus systématiques pour tous les voyageurs au départ comme à l’arrivée à l’aéroport d’Ivato


Il s’agit de ne pas exporter des maladies qui sévissent dans  la grande île, comme la rougeole et la peste ; et de ne pas en importer d’autres comme la dengue. Des agents en blouse blanche sont postés dans les salles d’enregistrement des vols et à la livraison des bagages. Armés, d’un « flash-test », une sorte de pistolet laser, ils visent les voyageurs un par un. Quand l’appareil émet un code couleur indiquant que l’individu est fiévreux, le passager est conduit vers un poste de santé pour déterminer l’origine de cette température.
S’il y a une suspicion de rougeole au départ, le voyageur ne passera pas la frontière. Ce filtre vient d’être installé, pour le moment le cas ne s’est pas présenté.
Madagascar se conforme ainsi aux règlements internationaux prescrits par l’OMS.



MAURICE

L’avis de forte pluies a été levé pour ce jeudi. Les écoles pourront rouvrir


Sauf celles de la localité de Fond-du Sac, particulièrement touchée par les pluies torrentielles qui se sont abattues depuis mardi. Fond du Sac, c’est dans le nord de l’île, près de Pamplemousses. Au moins 50 maisons ont été inondées. Les habitants ont perdu leur mobilier et leurs appareils électo-ménagers. Le ministre du commerce Ashit Gungah, qui est un élu de la localité a essuyé la colère de la population quand il s’est rendu sur place. Il est reproché aux autorités de n’avoir rien fait pour drainer les eaux de pluies.


SEYCHELLES

Un groupe d’étudiants Britanniques et Seychellois vient de terminer sa mission de nettoyage de l’atoll d’Aldabra : Ils ont ramassé 25 tonnes de déchets plastiques


Ce butin est d’autant plus étonnant que l’atoll d’Aldabra n’est pas habité ; ces 25 tonnes de plastique ont été charriés par les courants océaniques. Autre enseignement : les déchets les plus abondants sont les savates, les tongues. Ils en ont collecté plus de 50 000. Cette mission de cinq semaines a été organisée conjointement par une fondation seychelloise pour l’environnement et la célèbre université d’Oxford en Angleterre. Toutes les poubelles ont été rassemblées pour être évacuées à bord d’un cargo.




TANZANIE

L’Etat tanzanien ne sait plus quoi faire des noix de cajou. Il en a des milliers de tonnes à écouler d’urgence


Au mois de novembre l’année dernière, le président tanzanien avait pris une décision radicale face à la faiblesse des cours de la noix de cajou. Pour soutenir les agriculteurs, il avait décidé que l’Etat achèterait toute la production, pour la revendre à prix coûtant. Ce devait être au bénéfice des producteurs, et une opération blanche pour l’Etat. Seulement voilà :  il fallait trouver des clients. Une compagnie kenyane avait promis d’en acheter 100 000 tonnes et elle vient de se désister. L’Etat a près de 500 000 tonnes à écouler sur le marché mondial. Un marché saturé par la production indienne. Le gouvernement tanzanien a donc lancé un appel au monde entier pour qu’on lui achète ses noix de cajou.