Nouveaux rebondissements dans l’affaire Roukia

La copie du laisser passer publiée par lepoint.fr
© Le Point | La copie du laisser passer publiée par lepoint.fr

Le Point publie ce mardi de nouvelles révélations sur le fonctionnement du groupement d’intervention régional de Mayotte avec le témoignage d’un indic qui accuse les gendarmes.

Maité KODA Publié le , mis à jour le

L’enquête sur la mort de Roukia ne tourne pas à l’avantage du GIR. La justice en la personne du juge d’instruction de Mayotte, Hakim Narki enquête depuis plusieurs mois sur la mort par overdose de cette jeune mahoraise. L’héroïne fatale à la jeune fille lui aurait été fournie par deux Comoriens, "indics" et immatriculés au GIR. Ils ont déclaré que les membres du GIR prenaient une part active au trafic de drogue sur l’île. L’enquête a de plus révélé qu’ils "rémunéraient" leurs indics comoriens en titre de séjour.

Plusieurs membres du GIR ont reconnu récupérer des informations sur les trafiquants moyennant des titres de séjours à leurs indics en situation illégale. Le Point s’est d’ailleurs procuré un laisser-passer attribué à l’un d’entre eux, Saidou Waadi Mze dit SMW.

"L’intéressé est témoin dans une affaire judiciaire traitée par notre service et ne doit pas faire l’objet d’un APRF (arrêté portant reconduite à la frontière, NDLR). En cas de contrôle, contacter le chef du GIR, capitaine Gautier, au 06..., ou le maréchal des logis-chef Papa, au 06...", stipule le document.

SMW assure avoir été recruté par le GIR lors d’une garde à vue pour aide au séjour irrégulier. Mais n’a jamais reçu le titre de séjour promis, malgré des renseignements fournis pendant plus de six mois, toujours selon ses dires. Lorsque sa famille a présenté une photocopie son laisser-passer aux forces de l’ordre après que SMW a été arreté, ces dernières l’auraient déchiré afin de faire disparaitre les traces de cette collaboration douteuse. La crédibilité du témoin SMW reste néanmoins à prouver.

Une des nombreuses tâches à la charge du juge d’instruction Hakim Karki qui, toujours selon l’hebdomadaire, doit faire face à de lourdes pressions de sa hiérarchie désireuse d’étouffer l’affaire.