Emmanuel TUSEVO - DIASAMVU s'est entretenu avec Philippe NOUYRIGAT de l'intéret de Festival du Lagon et des enjeux de la mise en valeur des ressources offertes par la mer au niveau vivrier et au niveau professionnel. 

TUSEVO-DIASAMVU Emmanuel : Quel est l'intérêt de ce nouveau festival de Mayotte ?

Philippe NOUYRIGAT : C'est important parce que c'est un problème de communication. On est sur une petite île, sur une petite superficie. Les ragots, tout le monde les connaît très rapidement et les bonnes informations, tout le monde passe à côté. Alors, plus on pourra communiquer, informer la population et vous êtes ici dans un stand d'un organisme de formation professionnelle, nous disons aux mahoraises et aux mahorais, vous avez une formation professionnelle qui vaut bac+2 dans le sport ici à Mayotte pour y travailler dès juin 2020, c'est important.

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PHOTO : EMMANUEL TUSEVO-DIASAMVU

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur les filières de formation que vous proposez?

Nous allons débuter un gros parcours de formation professionnelle à partir de septembre 2018 qui répond au marché public du Conseil départemental sur fonds européens dans l’objectif de devenir éducateur sportif dans 2 filières : moniteur de plongée et maître-nageur plongeur.

 Si je vous suis bien, le lagon est une ressource de divers métiers?

 Non seulement c'est une ressource vivrière mais c'est aussi une ressource de divers métiers et là, on est sur les métiers de sport du lagon. Bien sûr que les métiers entre les pilotes de bateaux et les pêcheurs, là on est sur les filières sports dont a grand besoin Mayotte parce que être maître-nageur demain à la fin de la formation donc en 2019, c'est avoir un emploi assuré puisque nous sommes en déficit des maîtres-nageurs sauveteurs et là, je pense aux plages aménagées et surveillées qu' il va bien falloir avoir à Mayotte et dans le domaine de moniteur de plongée, nous savons tous que le lagon est une excellente destination de plongée, donc les centres de plongée ne demandent qu' une chose, c'est de recruter les moniteurs locaux.

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PHOTO : E. TUSEVO : PHILIPPE NOUYRIGAT

Les Mahorais s'approprient de plus en plus du lagon

 Vous parlez des ressortissants locaux, des natifs de l’île, de votre long séjour à Mayotte, de vos observations, qu’est-ce qui explique, d'après vous, le paradoxe selon lequel les mahorais sont entourés d’un formidable lagon mais ne s'y intéressent pas, ne savent pas nager et ce sont les gens venant de l’extérieur qui exploitent et profitent du lagon?

Ce paradoxe, ne vous en déplaise, il est en train de fondre comme neige au soleil car c'est vrai, ça fait quelques années que je suis à Mayotte, c'était le cas, la fameuse expression " La mer, c'est ce qu'on a derrière lorsqu'on regarde le terre". C'est fini ça, c'est fini lorsqu'on voit le boom au niveau du nautisme, le nombre de bateaux pilotés par des mahorais, le nombre de ceux qui vont à l'eau, parfois sur des plages qui ne sont pas recommandées d' ailleurs, je pense au Four à chaux, je passe un petit message, elle n'est pas bonne en qualité d'eau, ceci dit, les mahorais s'approprient franchement et de plus en plus du lagon.
Nous proposons un diplôme sportif aux jeunes et aux gens de 18 ans jusqu'à 45 ans, il n’y a pas de limite lorsqu'on est sportif mais on imagine bien que c'est plus pour une filière de jeunes. Les jeunes viennent nous voir, ils veulent aller à l’eau, ont commencé à apprendre à nager puisque c'est savoir nager qui fait encore défaut à Mayotte, on a quand même de plus en plus des jeunes qui ont cette capacité de natation. Donc, j’ai bon espoir que ça ne sera pas dans 18 ans, ça sera bien plus tôt que ce paradoxe n’existera plus à Mayotte et que la population sera vraiment, au travers des métiers, ils vont s'approprier le lagon pas uniquement pour les voulés (pique - nique du samedi mais pour vraiment y travailler.

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PHOTO : EMMANUEL TUSEVO-DIASAMVU

Des djinns dans le lagon ? Les mentalités changent.

On dit que les parents mahorais dissuadaient leurs enfants d'aller en mer à cause des djinns qui s'y trouvaient ?

Sur le plan culturel et cultuel, là aussi les mentalités changent.
Les tenues qui étaient imposées ou les problèmes de pudeur sur les plages, puisque nous recrutons bien sûr hommes et femmes, jeunes garçons et jeunes filles sur cette formation,  là des réticences existent encore. Il y a des tenues qui sont plus appropriées, il y avait des côtés djinns, il y avait ce côté culturel voire cultuel. Est-ce qu'on peut dire que c'est au passé, moi je dis que c'est à l’imparfait voire au plus- que- parfait, c'est derrière nous maintenant . La jeunesse voit ce que sont les belles plages des Seychelles, de Maurice, de Madagascar et du monde entier, elle veut également se les approprier pour y vivre, pour y séjourner, pour s'y faire plaisir et pour y travailler.

EMMANUEL TUSEVO - DIASAMVU.

A LIRE AUSSI :

Le Festival du Lagon de Mayotte a pour ambition de promouvoir le territoire mahorais, ses spécificités culturelles et naturelles au travers d’un de ses atouts majeurs : son lagon.


https://www.mayotte-tourisme.com/agenda/festival-du-lagon/

Conférences scientifiques au Festival du Lagon : La formation géologique de Mayotte et Les tortues marines dans l’Océan Indien.

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/lagon-honneur-3-jours-609589.html