Le vieillissement de la population antillaise, résultat de politiques publiques anciennes

Personnes âgées
© mairie-schoelcher.fr | Couple de personnes âgées dans la ville de Schoelcher (Martinique)

La Martinique vieillit : une évidence bien connue désormais qui sera déclinée sur tous les tons durant la Semaine bleue, consacrée aux personnes âgées, à partir de ce 8 octobre 2018. Une réalité qu’il nous faut assumer collectivement.
 

Jean-Marc Party
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La Martinique vieillit à vue d’œil. Avec la Guadeloupe, c’est l’une des régions françaises où la proportion des personnes âgées est parmi les plus fortes. A ce rythme, les experts prévoient que dans 15 ans, une personne sur trois sera âgée de 60 ans et plus. Un phénomène bien connu des démographes.
 

Amélioration du niveau de vie


Le vieillissement accéléré de la population est la résultante de la combinaison de trois éléments. Tout d’abord, l’amélioration du niveau de vie de la population. Aujourd’hui, nous sommes mieux soignés que nos parents et ainsi, plus résistants aux maladies et aux accidents de la vie. Les personnes âgées sont donc de plus en plus nombreuses. De plus, elles vivent plus longtemps que leurs aînés, 80 ans en moyenne pour les hommes et 84 ans pour les femmes.
 

La dénatalité


Deuxième facteur, la dénatalité poursuit ses effets. Les femmes ont moins d’enfants que leurs mères et que leurs grand-mères. Précisément, trois fois moins en 50 ans : 2 naissances par femme aujourd’hui, 6 à 7 il y a un demi-siècle. Le taux de fécondité est trop faible pour assurer le renouvellement des générations. Résultat mécanique : la population diminue.
 

Émigration massive


Le troisième motif du vieillissement tient en l’émigration massive organisée depuis 1962 par l’État. A travers le Bumidom (Bureau des migrations intéressant les originaires des départements d’outre-mer), les gouvernements ont planifié le départ en France continentale d’environ 35 000 jeunes de moins de 35 ans. Et ce, jusqu’à la dissolution de cette agence en 1982. Il faut ajouter à ces émigrants accompagnés ceux qui sont partis par leurs propres moyens. Autant de jeunes qui n’ont pas pu avoir de vie conjugale, ni de descendance au pays natal. Une saignée démographique payée comptant de nos jours.

En clair, nous vivons globalement mieux que les générations précédentes. Et aussi, plus longtemps, donc plus avancés en âge. Loin d’être une fatalité, le vieillissement de la population est le fruit de politiques publiques parfaitement cohérentes. Il revient à notre génération d’en assumer les conséquences !
 

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