Le rapport entre pesticide et cancer n'est toujours pas clarifié

Luc Multigner
Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm

Les deux premières semaines d'audition de la commission d'enquête chlordécone se sont achevées le 11 juillet 2019 à l'Assemblée nationale, à Paris. Selon le professeur Luc Multigner ce pesticide augmenterait le risque de naissances prématurées et de développement du cancer de la prostate.

Guy Etienne
Publié le , mis à jour le

Parmi les thèmes qui ont resurgis dans les débats durant les auditions à l'Assemblée nationale, il y avait la question du rapport entre le pesticide et le cancer de la prostate, un sujet qui suscite encore la controverse.
La chlordécone, pesticide toxique pour l'homme et qui entraîne une pollution durable des eaux et des sols, a été utilisée dans les bananeraies aux Antilles de 1972 à 1993.

Depuis 2004 et notamment à travers les actions des différents plans chlordécone, Santé publique France et l'Anses (l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail) mènent des travaux pour améliorer les connaissances sur l'exposition des populations antillaises à ce pesticide et les risques sanitaires potentiellement associés.


"on ne peut pas mener en bateau la population Antillaise"(professeur Luc Multigner)



Luc Multigner, chercheur en épidémiologie à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (l’Inserm) a travaillé concrètement sur le sujet.
C’est lui qui a notamment déclaré "le problème du chlordécone aux Antilles est tout à fait unique au monde (…). "C’est une sorte de Tchernobyl chimique de par la persistance de la molécule dans l’environnement ".

Luc Multigner interrogé par Sophie Vingadassalom et Christian Danquin (Guadeloupe La 1ere)  

Professeur Luc Mutignier

Professeur Luc Mutignier Chlordécone - Cancer
Le professeur Luc Multigner a aussi été le directeur d’une étude tendant à démontrer que ce pesticide augmenterait le risque de naissances prématurées et de développement du cancer de la prostate.


Taux élevés en Guadeloupe et en Martinique


L'étude sur les indicateurs de la surveillance épidémiologique du cancer de la prostate aux Antilles est le fruit d'une collaboration de Santé publique France, avec l'Institut national du cancer, les Hospices civils de Lyon et le réseau français des registres des cancers Francim.
Le principal message est que les taux d'incidence du cancer de la prostate en Guadeloupe et en Martinique se situent parmi les plus élevés au monde. Un résultat à rapprocher de la situation d'autres îles de la Caraïbe et de la population américaine et britannique d'origine africaine. Cependant, l'analyse spatiale de la distribution des cas de cancer de la prostate en Martinique ne montre pas d'excès dans les zones contaminées par la chlordécone. 
Le rôle d'autres facteurs de risque expliquant ce taux élevé de cancer de la prostate reste à étudier.

A (re)lire : Plan chlordecone 3
https://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/les-plans-natio...

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