Que deviendra Cuba sans Fidel Castro ?

Manifestation en hommage à Fidel Castro
© AFP/Rodrigo Arangua | manifestation en hommage à Fidel Castro à la Havane, place de la Révolution

Fidel Castro a été enterré à Santiago de Cuba le dimanche 4 décembre. Il repose à coté du mausolée du héros de l’indépendance de Cuba, José Marti. Président de l'île de Cuba pendant 31 ans la question qui se pose aujourd'hui concerne l'avenir de Cuba sans "el Lider Maximo".

Jean-Claude SAMYDE
Publié le , mis à jour le

►Cuba a enterré dans l'intimité hier (dimanche 4 décembre) Fidel Castro au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago de Cuba, berceau de la révolution castriste dans l'est du pays. L'enterrement met fin à neuf jours de deuil et tourne la page de plus d'un demi-siècle d'histoire de son pays. 

Le président cubain Raul Castro a tenu un dernier discours d'hommage à son frère" à Santiago, (la veille des obsèques) devant des dizaines de milliers de personnes. "Nous jurons de défendre la patrie et le socialisme", a déclaré Raul Castro. Il a aussi annoncé que conformément à la volonté de Fidel Castro, il déposerait devant l’Assemblée nationale une loi prévoyant qu’aucun culte de la personnalité ne soit entretenu autour de lui. Aucun lieu, ni monument ne porterait le nom de Fidel Castro à Cuba à l'avenir.

Sans Fidel peut on s’attendre à des changements à Cuba ?

La question a été soulevée par Julien Mérion, Eric Nabajoth et Fred Réno, maîtres de conférences à l’Université des Antilles, au cours d’un débat en Guadeloupe la semaine dernière. Pour ces trois universitaires "la transition a commencé bien avant la mort du "lider Maximo", avec son frère Raul. Mais c’est toujours le parti communiste au pouvoir qui trace la ligne à suivre et la constitution qui guide le futur de Cuba. Fidel Castro a investi dans l’éducation la santé le sport tout ce qui a trait à l’homme".  

Les jeunes ?

Fidel Castro a laissé un pays confronté à une réalité. La mentalité n’est plus la même surtout chez les jeunes. Beaucoup d’entre eux jugent le système actuel incapable de leur élargir l’horizon. Ils veulent des emplois, leur propre maison, leur voiture, l’accès à internet, et rêvent de quelque chose d’autres en regardant à 140 kilomètres d’eux les États-Unis. Pour garder les jeunes au pays, le président Raul Castro a développé le secteur privé. De 150 000 salariés en 2010 on recense plus de 400.000 en 2016. Mais cela n'arrête pas les jeunes fortement influencés par la politique migratoire du voisin américain.

Catholicisme et santería cohabitent

À Cuba, le catholicisme doit partager la pratique religieuse avec un rite afro-cubain : la santería, la religion cubaine pratiquée par 70% des habitants. Pendant longtemps, le régime castriste, a interdit les pratiques religieuses, christianisme ou santería. En 1992 la religion a repris ses droits et aujourd’hui, le catholicisme et la santería cohabitent. Au point que de nombreux cubains reconnaissent pratiquer simultanément les deux rites.

Fidélité à Castro ?

Les orientations politiques de la révolution semblent solidement implantées. Si l’économie étatique inspirée du modèle soviétique mise en place après la révolution de 1959 s’ouvre petit à petit, contraint et forcé, les jalons du passé ont du mal à disparaître.

Pendant les neuf jours de deuil national, partout dans le pays, une majorité de cubains ont été invités à parapher des registres pour "jurer" de poursuivre l'héritage socialiste de Fidel Castro, qui a façonné le destin du pays et défié la superpuissance américaine pendant un demi-siècle. 

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