Prix du billet d'avion : pourquoi ça ne baisse pas

Avions Air Caraïbes et Corsair
© Outremer 1ère

Alors que certains voyageurs antillais se disent favorables, dans une récente pétition sur Internet, à un plafonnement du prix du billet d'avion à 450 euros (vers et au départ de Paris), nous avons tenté d'évaluer la faisabilité d'une telle proposition.

Grégory Gabourg Publié le , mis à jour le

A croire que le sujet dérange. Des quatre compagnies aériennes que nous avons contactées, une seule a répondu, Air Caraïbes. Et encore, c'était pour nous dire qu'elle ne ferait pas de commentaires sur cette pétition.

Des coûts d'exploitation et de personnel (trop) élevés

Et pour cause. Les transporteurs ne peuvent pas baisser les prix, estime un professionnel de l'aviation qui préfère garder l'anonymat. "Une diminution des tarifs est impossible, eu égard à une réglementation française trop contraignante", selon lui. Les taxes, mais aussi les coûts d'exploitation et la masse salariale, jusqu'à 50% plus élevés que chez certains opérateurs, empêchent les compagnies de pratiquer des prix attractifs.

Mais serait-ce dans leur intérêt, vu leur fragilité financière ? Une seule compagnie, Air Caraïbes, encore elle, arrive à tirer son épingle du jeu, d'après notre informateur. "Les autres sont sur le fil du rasoir", ajoute-t-il.

La Norwegian Airlines va-t-elle tout changer ?

Une raison d'espérer, malgré tout: l'arrivée probable, aux Antilles, de la compagnie low-cost Norwegian Airlines et de ses billets à 400 euros. Elle obligera ses concurrentes à s'aligner, même si elle risque de provoquer de la casse dans un secteur déjà saturé.

Mais la solution peut aussi être politique. Les Outremers peuvent s'inspirer de la Corse et de sa convention de délégation de service public la liant aux compagnies aériennes. Elle permet à ses résidents se rendant dans l'Hexagone de bénéficier de tarifs réduits. Dispositif qu'aucune collectivité ou région d'outremer n'a essayé, ce que regrettait le candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignant, lors de sa visite la semaine dernière (13-15 février) à la Réunion et à Mayotte.

Egalement, au titre de la continuité territoriale, il existe la possibilité de faire payer une partie du billet par l'État et la Collectivité Territoriale. Mais en ont-ils les moyens ? On peut en douter, vu l'état de leurs finances.