Les marins-pêcheurs du François veulent monter leur propre coopérative

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© MARTINIQUE 1ERE | Le projet de la coopérative maritime au François est l’œuvre des marins-pêcheurs

Il y aura une coopérative maritime au François ! Les marins-pêcheurs de la commune ont pris les devants, à la veille de la très probable liquidation de la Coopémar. La structure, qui existe depuis 31 ans, fournissait aux marins-pêcheurs des accessoires et du carburant à moindre coût.

Grégory Gabourg Publié le

À la veille de la très probable liquidation de la Coopémar, il y aura une coopérative maritime au François. Le projet avait été secrètement gardé pendant plusieurs semaines. Il est l’œuvre des marins-pêcheurs eux-mêmes. Ils l’ont présenté au Comité régional des pêches, qui l’a aussitôt accepté. "Le rôle du comité est de les accompagner. Nous aussi, on est contre le monopole par le privé", explique Olivier Marie-Reine, son président. "Les statuts sont en train d'être rédigés. Financièrement, tout a été pensé". Reste à obtenir l’accord de la Collectivité Territoriale de Martinique. Maurice Antiste, le maire du François, et le pétrolier Rubis ont déjà donné leur aval.

1 million d'euros de dettes pour la Coopémar

Ce plan local est censé être une alternative à ceux des deux repreneurs potentiels de la Coopémar. Mardi (5 juillet), la structure devrait être liquidée par le tribunal de commerce, après 31 ans d'existence. La coopérative d’avitaillement pour les marins-pêcheurs est étranglée par des dettes de plus d’un million d’euros.

La première offre est celle des Établissements Rosette. Le vendeur de pièces automobiles s’engage à mettre 800 000 euros sur la table, ce qui correspond au prix du rachat et aux investissements. La moitié des salariés serait reprise. C’est aussi ce que propose Maxi-Pêche, l’autre repreneur désigné. En revanche, côté finances, la nouvelle entité, composée d’un aquaculteur et de deux chefs d’entreprises, reste délibérément vague. "On n’en fait pas une question d’argent", nous a simplement répondu Eric Coppet, patron de la société de restauration scolaire Servichef et de Marin Pêche, entreprise de transformation de produits de la mer.

Les deux projets sont également différents sur la place accordée aux marins-pêcheurs. Rosette offre à la profession un droit de regard, en l’intégrant au capital, à hauteur de 25 % maximum. Maxi-Pêche a, de son côté, une approche plus globale. Elle propose de réorganiser entièrement la filière.

Contre le monopole privé

Une grande partie de la corporation au François s'oppose aux repreneurs. "On n'a jamais demandé à un privé de structurer la pêche. Les gens qui font des propositions ont eux, dans leur secteur, des difficultés", commente Olivier Marie-Reine. "Je comprends la démarche des marins-pêcheurs du François. Elle est peut-être brutale mais elle est nécessaire. Il ne faut pas de monopole aujourd'hui. Il faut prendre son destin en main".

Olivier Marine-Reine croit en la solidité de la future coopérative franciscaine. Les professionnels de la mer ont toujours su faire, estime-t-il. L’un des seuls gros actifs de la Coopémar était d’ailleurs un terrain situé dans la commune du Sud-Atlantique. La coopérative l'a vendu pour payer une partie de ses dettes.

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