En Haïti, les bandes armées sèment la terreur

Haiti commissariat
© DR | Le commissariat de Petite Rivière attaquée par des bandits le 19 avril.

En Haïti, le phénomène de gangs armés semant le trouble dans plusieurs régions prend de l’ampleur. Après l’attaque d’un commissariat par une centaine de bandits, le gouvernement annonce des "opérations ciblées" dans tout le pays.

Maurice Nagou
Publié le , mis à jour le

En Haïti le banditisme armé prend une nouvelle dimension. L’État doit maintenant faire face à ce qu’il qualifie désormais de guérilla.
Dans plusieurs zones et régions du pays, des gangs lourdement armés font la loi. Ils seraient contrôlés par Arnel Joseph, l’homme le plus recherché d’Haïti et qui défie ouvertement la police.
 

Un commissariat pris pour cible


C’est ce dernier qui aurait commandité vendredi dernier (19 avril 2019) l’attaque d’un commissariat à Petite Rivière, dans le département de l’Artibonite.

Selon le porte-parole de la police, une centaine d’individus armés ont pris d’assaut les locaux du commissariat. Les 16 policiers présents ont résisté pendant plus de trois heures. L’un d’eux a été blessé et deux des assaillants ont été tués.

 "Ils ont vandalisé le commissariat, incendié plusieurs véhicules, dont deux appartenant à la police, et blessé un policier", a confirmé le porte-parole de la police intervenant lundi (22 avril 2019) sur Radio Magik. À ce jour le commissariat reste fermé et les habitants de Petite Rivière sont sous le choc.
 

Cité Soleil dans la tourmente


Les exactions de bandes armées s’étaient multipliées récemment. À Port-au-Prince, dans la localité de Cité Soleil qui jouissait d’un calme remarquable ces dernières années, l’insécurité règne à nouveau. Subitement les affrontements entre gangs ont repris.

Depuis quelques jours certains riverains font état de plusieurs morts et blessés par balle. Il n’existe cependant aucun bilan officiel. Toutefois la municipalité a condamné la passivité de la police, et le maire assesseur de Cité Soleil invite les victimes à porter plainte contre l’État.

Il y a eu également des attaques de gang à La Saline. Le 16 avril, pendant toute la journée, des tirs sporadiques ont paralysé les activités de la zone.
 

Mettre hors de nuire les gangs armés


En réaction le Premier ministre Haïtien Jean Michel Lapin vient de donner des "instructions claires" aux responsables de la sécurité publique pour "mettre hors de nuire ces gangs armés qui sèment le deuil et la peur au sein de la population".

Pour beaucoup, ce phénomène de bandes armées met une nouvelle fois en évidence le manque de moyen en hommes et en matériel de la PNH (Police Nationale Haïtienne).

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