Guyane : le collectif occupe le centre spatial de Kourou

Guyane : social à kourou
© Guyane 1ère | Le collectif fait son entrée dans le centre spatial de Kourou

Le collectif de Guyane occupe depuis la mi-journée (mardi 04 avril) le centre spatial de Kourou, un site stratégique pour la France. Les manifestants comptent rester sur le site jusqu'à jeudi prochain et attendent les décisions du conseil des ministres du mercredi 5 Avril.

Jean-Claude SAMYDE
Publié le , mis à jour le

Fleuron industriel d'où sont lancées les fusées Ariane, site stratégique pour la France et protégé, le centre spatial Guyanais de Kourou est occupé depuis la mi-journée (mardi 4 mars) par les délégués du collectif.

Occuper le CSG

"La base est le fleuron de l'Europe, de la France, mais elle appartient au peuple guyanais. Il n'est pas question de nous dire de nous en aller", a affirmé à la presse Albert Darnal, membre du collectif "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires. Trente personnes étaient recues par la direction du centre spatial pour présenter leurs revendications. Après une demi-heure de discussion, les manifestants ont refusé de quitter le site. "Nous ne bougerons pas d'ici. La situation est figée, la Guyane est bloquée. Vous êtes bloqués. Nous voulons les milliards que nous avons demandés", a affirmé Manuel Jean-Baptiste, un membre du collectif Pou La Gwiyann dékolé, s'adressant directement à Didier Faivre, le directeur du centre spatial. "Nous ne bougerons pas. Aucune fusée ne pourra décoller sans que nous ayons une réponse à nos revendications", a tonné Youri Antoinette, un autre membre du collectif. "Ça paraît gros un milliard, mais par rapport au retard que nous avons, ce n'est rien", a-t-il estimé.
Guyane :social réunion au CSG
© Martinique 1ère | Après une demi-heure de discussion, les manifestants ont refusé de quitter le centre spatial de kourou

Rapport de force avec l'État

Ce mouvement social, d'une ampleur inédite dans le département, est basé sur des revendications sécuritaires, économiques et sociales, ainsi que sur la méfiance face à l'État, accusé de sous-investissement depuis des décennies. Le collectif, après avoir évalué chacune de ses revendications, a revu ses exigences à la hausse. En plus du milliard annoncé ce week-end par le gouvernement, "il souhaite désormais 2,1 milliards", selon Joëlle Prévot-Madère, une autre de ses membres. Les manifestants protestent notamment contre les propos de Bernard Cazeneuve, qui a refusé lundi d'accepter les exigences financières "irréalistes" en Guyane, de ceux qui, à Paris comme à Cayenne, "réclament des milliards".  Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" avait annoncé dimanche un durcissement de la mobilisation, expliquant rentrer "dans un rapport de forces avec l'État". 
                  
Plusieurs milliers de manifestants se sont dirigés ce mardi vers le CSG, d'où décollent les fusées européennes Ariane, pour affirmer leur "détermination", après deux semaines de mouvement social d'une ampleur inédite dans le département.
Voir le reportage de Claire Colnet 

En attendant le conseil des ministres

Les manifestants vont passer la nuit au centre spatial. Jean-Yves le Gall, le président du Centre national d'études spatiales depuis avril 2013 est attendu en Guyane jeudi 6 avril.
Tous les regards sont tournés vers le conseil de ministres de ce mercredi. Les accords et les relevés de conclusions sectoriels validés par les ministres Ericka Bareigts (Outre-mer) et Mathias Fekl (Intérieur) seront actés en présence de François Hollande le président de la République. L'aide d'urgence à la Guyane va t'elle evoluer. Réponse à l'issue du conseil des ministres du 5 avril ?               

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