L’Eglise catholique et l’esclavage, sujet de débats

esclavage
© Musée d'Aquitaine, Bordeaux | « Traite des Nègres », gravure de la fin du XVIIIe siècle

Quelle a été la place du clergé dans le système esclavagiste ? Quel rôle a joué l’église catholique dans l’abolition du travail servile ? Une série de débats sont proposés par l’archevêque de Martinique tout le long de l’année. Il était grand temps.

Jean-Marc Party
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Les prêtres ont-ils été attentistes ou rebelles à l’ordre esclavagiste ? Les hommes et femmes d’église ont-ils été insensibles au sort des esclaves, à la traite d’êtres humains ? Pourquoi faut-il attendre les dernières années avant l’abolition définitive de l’esclavage pour qu’une partie du clergé le dénonce ? Autant de questions posées par l’évêché de Martinique à l’occasion du 170e anniversaire de l’interdiction de l’esclavage dans les colonies françaises.

Il est à espérer que seront réhabilités les religieux s’étant dressé contre l’ignominie. Ce sera l’occasion aussi d’expliquer les raisons en ayant amené d’autres à fermer les yeux devant l’horreur, reniant ainsi leur conscience. Il est vrai que pendant les deux premiers siècles de vie de la colonie, le clergé catholique reste influencé par la bulle du Pape Nicolas V, du 8 janvier 1454.
Lequel document légitime la mise en esclavage des peuples africains et la traite négrière.

Dans les possessions françaises, par exemple, les Jésuites, les Dominicains, les Capucins, contribuent à organiser le système esclavagiste. Ils se réfugient derrière les Saintes Écritures qui ne prohibent pas, selon eux, leurs pratiques.

Ce n’est que durant la décennie précédant l’abolition que plusieurs ecclésiastiques militeront pour l’émancipation. Le clergé se méfie des idées libérales triomphantes en Europe. Il craint les révoltes d’esclaves. La plupart des prêtres se tiennent à l’écart du mouvement abolitionniste. Dans les années 1840, l’abbé Castelli en Martinique, l’abbé Lamache en Guadeloupe, la Mère Javouhey en Guyane, l’abbé Levavasseur à l’Ile Bourbon (la Réunion) se distinguent par leur refus du système en vigueur.

D’autres, plus radicaux, réclament l’émancipation immédiate des esclaves. Ainsi des abbés Dugoujon, Monnet, ou Goubert. Certains paient de leur personne cet engagement, comme l’abbé Castelli, forcé de quitter la Martinique en 1842. Il publie deux ans plus tard un pamphlet qui aura une forte résonance à paris.

Que savons-nous aujourd’hui des relations de l’Église et de l’esclavage ? L’initiative de Mgr. Macaire et de son équipe doit être saluée comme il se doit : un salutaire examen de conscience auquel l’Église catholique de Martinique ne nous a pas toujours habitués.

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