Le droit à l’information sur le chlordécone est supérieur aux intérêts économiques

Chlordécone : manifestation au Lamentin
© P-Y Honoré | Marche contre l'empoisonnement de la Martinique (Lamentin 2018).

Le ministre de l’Agriculture peut-il publier les études sur la toxicité du pesticide utilisé dans les bananeraies antillaises ? La question est posée dans une lettre ouverte signée par trois médecins et un militant écologiste publiée le 10 avril 2019 à destination de nos parlementaires.
 

Jean-Marc Party
Publié le , mis à jour le

La molécule de chlordécone est présente dans notre environnement pour six à sept siècles. Autant s’habituer à vivre avec elle. Nous disparaîtrons tous avant que ses effets ne soient totalement résorbés. Nous n’en avons pas encore pris conscience, mais il est fort probable que la vie de nos descendants, sur plusieurs générations, sera gâchée par ce poison sciemment utilisé pour des intérêts commerciaux.

Ce qui devrait suffire à motiver notre génération pour réclamer que toute la lumière soit faite sur l’historique de l’utilisation de ce perturbateur endocrinien. Non seulement sur les autorisations accordées à la poignée de kamikazes ayant importé ce poison qu’ils savaient hautement toxique. Et aussi sur son utilisation plusieurs années après son interdiction.
 

Un héritage pour 600 à 700 ans


Il faut du courage pour s’attaquer aux conséquences de l’épandage de ce pesticide. Il faut de la lucidité pour admettre que le combat pour la reconnaissance effective du scandale environnemental et sanitaire est devant nous. C’est ce que révèle cette lettre ouverte adressée aux parlementaires de Guadeloupe et de Martinique par trois médecins et un militant écologiste.
Les docteurs Maurice Montézume, Louis-Léonce Lecurieux-Lafferronnay et Jean-Michel Macni, avec Florent Grabin, contribuent au nécessaire débat public sur le sujet. Ils sont connus pour leur engagement environnementaliste. Ils ne se résignent pas au fatalisme ambiant.
 

Une mission commandée aux parlementaires


Ils suggèrent aux 6 sénateurs et aux 9 députés antillais de réclamer au ministre de l’Agriculture la publication des études ayant révélé le caractère toxique du chlordécone. Idem pour le glyphosate. Manière de vérifier si l’effet cancérigène de ces produits a bien été recherché.

Les signataires s’appuient sur un arrêt du Tribunal de l'Union européenne du 7 mars dernier. Les juges estiment que l'intérêt du public à accéder à l'information en matière d'environnement est supérieur à l'intérêt commercial. Autrement dit : le droit des citoyens de savoir ce qui peut porter atteinte à leur santé est plus précieux que la défense de toute logique économique. A méditer !
 

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