Le "sous-marin" et autres secrets du ministère des Outre-mer

patrimoine
© Serge Massau

Un "sous-marin" dans les sous-sols, un ancien ministre "empalé vivant" et une congrégation religieuse. Découverte des secrets du ministère des Outre-mer à l'occasion des Journées du Patrimoine.

Serge Massau
Publié le , mis à jour le

L’hôtel particulier de la rue Oudinot n’a pas toujours été la tour de contrôle des lointaines terres françaises d’outre-mer. C’est à partir de 1910 qu’il abrite le ministère des Colonies, ancêtre de l’actuel ministère des Outre-mer. Avant, il était soit rattaché au ministère de la Marine ou du Commerce.
Cet hôtel particulier a d’abord été la propriété de Beaumanoir, duc d’Ecouis, puis de Montmorin, ministre des Affaires étrangères de Louis XVI. Royaliste convaincu, il prépare la fuite du roi pour l’étranger, durant la Révolution française. Mal lui en a pris, il termina "empalé encore vivant et porté en triomphe jusqu’à l’Assemblée", selon le petit guide distribué par le ministère aux visiteurs lors des Journées du Patrimoine... Le rez-de-chaussée, où se trouve le bureau de la ministre, était occupé par la salle à manger et une salle de billard. L’architecture du bâtiment n’a pas bougé depuis lors.

Signum fidei


signum fidei
© Serge Massau


Après l’époque royale, le lieu a connu une ère religieuse. De 1847 à 1905, c’est la Congrégation des frères des écoles chrétiennes qui installe sa maison-mère. Il suffit de lever la tête dans la cour pour découvrir l’emblème de la congrégation et sa devise, Signum fidei.


Le « sous-marin » des Outre-mer


sous-marin
© Serge Massau

Le secret le mieux gardé du ministère se trouve sous le bâtiment de l’aile Est. Pour le découvrir, il faut emprunter un vieil escalier aux murs recouverts de moisissures. Le lieu a été baptisé "le sous-marin". C’est en fait un abri anti-bombardement construit en 1937, en prévision de la Seconde guerre mondiale. 
Les multiples portes, épaisses et lourdes, sont hermétiques et anti-souffle. Jusqu’à 500 personnes pouvaient être accueillies en cas de bombardement. Rien n’a bougé. On y trouve des douches, des toilettes, un puits à 60 mètres de profondeur, une citerne de réserve et un groupe électrogène de secours. Il y avait aussi une infirmerie mais elle a été détruite par un incendie, en 1979.

Des petits vélos


Plus étonnant, une pièce renferme trois petits vélos bien alignés et cloués au sol. Une salle de sport réservée aux fonctionnaires du ministère pour être en pleine forme au moment de remonter à l’air libre ? Pas du tout. L’abri était aussi prévu en cas d’attaque au gaz. En cas de panne électrique, il suffisait de donner quelques coups de pédales pour alimenter le sous-sol en courant mais aussi pour actionner la ventilation. 

vélo
© Serge Massau


Dans le bureau d'Ericka Bareigts


L’espace d’un après-midi, la ministre des Outre-mer s’est prêtée au jeu de la visite guidée à l’occasion des Journées du Patrimoine, ce dimanche. Ericka Bareigts est entrée en fonction il y a tout juste trois semaines. Dans son bureau, une grande armoire est presque vide. La ministre n’a pas encore eu le temps de vraiment s’installer. Du mobilier ancien alterne avec des objets plus contemporains. Comme seule touche personnelle, la ministre a juste installé une lampe blanche moderne et transparente sur son bureau. Mêler les styles et les époques pour "montrer que le ministère n’est pas figé". En guise de touche personnelle, elle accrochera bientôt ce tableau d’un artiste réunionnais, qui symbolise l'entrmêlement du lien à la terre et de la spiritualité, explique-t-elle.


bureau
© Serge Massau