Irma a été "révélateur des dysfonctionnement du passé" à Saint-Martin, selon le délégué interministériel

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© DANIEL MIHAILESCU / AFP | Philippe Gustin est nommé délégué interministériel à la reconstruction à St-Martin et St-Barthélémy.

L'ouragan Irma "a été révélateur des dysfonctionnements du passé" à Saint-Martin, a jugé vendredi le délégué interministériel à la reconstruction de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, Philippe Gustin, dans un entretien au Parisien.

La1ere.fr avec AFP Publié le , mis à jour le

"L'occupation de l'île doit être repensée de manière durable, en gardant à l'esprit que ce paradis peut en quelques heures devenir un enfer", explique Philippe Gustin, nommé par le gouvernement juste après l'ouragan qui a ravagé les deux petites îles des Caraïbes. Il devait rendre vendredi son rapport sur la reconstruction, mais ce dernier restera finalement confidentiel, car ses préconisations doivent servir de base à un prochain protocole d'accord entre l'Etat et la collectivité territoriale de Saint-Martin, a précisé son entourage à l'AFP.

Police de l'urbanisme

Plus de deux mois après le passage de l'ouragan, M. Gustin estime qu'il faut "veiller à ce que les premières vagues de travaux et de reconstruction n'obèrent pas l'avenir". "Notre action doit inscrire sur une ligne de crête entre ce qui incombe à l'Etat
et ce qui est du ressort des collectivités", ajoute M. Gustin. "Cela passe notamment par la mise en place d'une véritable police de l'urbanisme et un renforcement des services de l'Etat, lequel ne s'était pas donné jusque-là les moyens d'assurer son contrôle de légalité", insiste-t-il.

Imposer un guide de construction

Il note que, de 1982 à 2000, la population de la partie française de Saint-Martin "a été multipliée par quatre. Une partie du développement, et notamment l'urbanisation, s'est faite de manière anarchique (....) On a vu des bâtiments être construits en métal et en verre", comme "la médiathèque, inaugurée en 2014, et qui a logiquement été soufflée par les vents d'Irma", raconte-t-il. Il faut, selon lui, "identifier les risques" et "imposer un guide de la construction", avec "des principes de bon sens": "ne pas clouer les tôles, mais les visser; installer les panneaux solaires pour qu'ils ne prennent pas le vent; construire des toits à quatre pans plutôt que deux".

Deux mois après

"On doit également enterrer les réseaux", insiste-t-il. Plus de deux mois après Irma, "50% du téléphone fixe" n'est pas fonctionnel, a-t-il précisé récemment à l'AFP. Sur place, "65% des 4.600 véhicules assurés sont à l'état d'épaves, qu'il va falloir
évacuer. Quant à l'eau courante, cela reste une véritable préoccupation". Seulement 81% de la population a récupéré de l'eau courante, a-t-il dit à l'AFP. Par ailleurs, "7.000 personnes ont quitté l'île, dont 50% des agents de la préfecture".

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