Incidents racistes en Russie : "La réelle volonté de la Fifa se vérifiera par un arrêt de match", déclare Lilian Thuram

Lilian Thuram MACTe
© NICOLAS DERNE / AFP

L'ex-international français Lilian Thuram a estimé jeudi que la "réelle volonté de la Fifa" de résoudre le problème du racisme "se vérifiera par un arrêt de match", à la suite des cris de singe lors du match amical Russie-France (1-3), mardi dans le pays-hôte du Mondial-2018.

La1ere.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le

"Le plus important, c'est de remercier les photographes et les téléspectateurs qui ont dénoncé ces actes. Mais si cela arrive pendant la Coupe du monde, est-ce que l'arbitre va arrêter le match ? J'ai des gros doutes. La réelle volonté de la Fifa se vérifiera par un arrêt de match", a dit à l’AFP le champion du monde 1998 et d'Europe 2000, joueur le plus capé de l'équipe de France (142 sélections).

"Y a-t-il une réelle volonté de la Fifa, de la Fédération russe et de la société en général de résoudre ce problème ? Comment expliquer que les choses ne changent pas radicalement ?

Depuis combien de temps on parle de racisme dans les stades? Quand est-ce qu'un arbitre a arrêté un match ou que tous les joueurs sont sortis du terrain quand il y a eu des manifestations de racisme?", s'est interrogé celui qui a créé en 2008 une fondation d'éducation contre le racisme et écrit plusieurs ouvrages sur le sujet.

 
Des cris de singe à l'encontre des Bleus Ousmane Dembélé et Paul Pogba ont été entendus par des photographes au bord du terrain et des téléspectateurs lors du match Russie-France à Saint-Pétersbourg. La Fifa a expliqué qu'elle réunissait "les potentielles preuves concernant les incidents discriminatoires rapportés dans les médias", et la Fédération russe qu'elle allait "étudier la vidéo et tout ce qui s'est passé autour du match" et donner "une évaluation ensuite".

"Elles ne trouveront pas les coupables, ça ne débouchera sur rien, mais j'espère que l'avenir me donnera tort car il faut vraiment aider les racistes à résoudre leur problème", a répondu en écho Thuram. Sur le fond, Thuram souligne que "ces bruits de singe, ce n'est pas ça qui empêchera les personnes noires d'avancer".