Haïti : la baisse du nombre d'enfants vaccinés inquiète

Vaccination d'un enfant en 2014 à Port-au-Prince, Haïti
© HECTOR RETAMAL / AFP | Vaccination d'un enfant en 2014 à Port-au-Prince, Haïti

La baisse du nombre d'enfants vaccinés en Haïti, révélée par une enquête sanitaire quinquennale publiée mardi, préoccupe les autorités, qui pointent les difficultés financières rencontrées par les familles pour se rendre dans les centres de vaccination.

La 1ère.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le


Selon l'enquête mortalité, morbidité et utilisation des services (EMMUS) réalisée par les autorités haïtiennes, seuls 41% des enfants de moins de 2 ans ont reçu tous les vaccins de base, contre 45% il y a cinq ans.
 

Plus de 50% des enfants n'ont pas reçu les vaccins de base

Moins de la moitié des enfants du pays sont ainsi vaccinés contre la polio, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et l'hépatite B.

"Cela est dû à plusieurs facteurs. L'accès (aux centres de santé) est notamment un peu difficile pour les familles", a reconnu Marie Greta Roy Clément, ministre de la Santé publique, alors que les vaccins sont disponibles gratuitement dans ces centres.

Signe de malnutrition chronique, 22% des enfants de moins de 5 ans présentent par ailleurs un retard de croissance, un taux stable depuis 2012.
 

"Un enfant sur douze n'atteint pas son cinquième anniversaire"

La mortalité infantile reste également inchangée, à 59 décès pour 1.000 naissances, selon les chiffres de l'EMMUS, qui relève cependant qu'"un enfant sur douze n'atteint pas son cinquième anniversaire".

Cette nouvelle enquête sanitaire met en lumière les difficultés d'Haïti à atteindre les objectifs de développement durable à l'horizon 2030, qui incluent notamment une éradication de la faim, l'universalisation de la santé ou un accès garanti à l'eau propre.

"Beaucoup de chemin reste à parcourir. Avec cette enquête, le diagnostic est disponible", a commenté Mme Roy Clément. "Il y a lieu de mieux faire avec les ressources qui nous sont allouées".

Le projet budgétaire 2018-2019 établi par l'exécutif, qui doit encore être débattu et voté par le parlement, prévoit d'allouer au ministère de la Santé une enveloppe représentant 6,1% du budget national.