Un rassemblement citoyen sur la problématique des squats suite au meurtre de Raymond Gaye commis rue Barrat à Cayenne

Rassemblement citoyen à la rue Barrat suite au meurtre d'un propriétaire
© Jessy Xavier | Rassemblement citoyen à la rue du dr Barrat

Le 27 septembre, une foule dense s’est rassemblée non loin du 18 rue Barrat où Raymond Gaye a été tué la veille au soir. Les représentants des associations Trop Violans, 500 frères, Grands Frères, Citoyens-Citoyennes, se sont succédé au micro. Il a été question des squats. 

Jessy Xavier/CL Publié le , mis à jour le

Bien que lancé à la dernière minute, l’appel des associations a été entendu hier 27 septembre. Le rendez-vous se situait à quelques mètres de ce numéro 18 de la rue Barrat où Raymond Gaye a perdu la vie mercredi soir. Il a beaucoup été question de la gestion des squats en Guyane, de l’insécurité de manière général et de la nécessité pour chacun de porter plainte, d’aller jusqu’au bout des procédures afin, s’il le faut, de poursuivre l’Etat lorsque les plaintes restent sans réponses.

Une parole libérée exprimant un fort sentiment d'injustice

Les membres des Grands Frères sont revenus sur certaines réactions à l’issue des événements intervenus rue Madame Payée témoignant de l’empathie pour les squatteurs et fustigeant leur association. Ils ont rappelé la souffrance des propriétaires victimes de menaces et de nuisances multiples.
La foule présente a exprimé une nouvelle fois son sentiment d’injustice alors que la dizaine d’associations présentes se succédaient au porte-voix. Monique Guard de l’association Citoyens Citoyennes a demandé à la population d’être mobilisée pour continuer à mettre la pression pour exiger l’éradication des squats. Olivier Vaïti porte-parole de l’association des Guyanais Indignés et Résignés ( AGIR) estime qu’il est temps de passer à l’action mentionnant qu’il était inadmissible que l’on compte près de 31 000 squats de part et d’autres du territoire guyanais, une responsabilité qui repose en grande partie sur les épaules de l’Etat pour ce dernier. Nahel Lama des Frères de la Crique a exhorté la population a préserver l’unité, seule méthode pour résoudre les problèmes du territoire. 
Jean-Paul Gaye, le frère de la victime, Raymond Gaye, a tenté de prendre la parole malgré sa peine, mais très éprouvé, il s’est interrompu en remerciant la foule présente.
José Achille des Grands Frères a réfuté les accusations de xénophobie adressé à leur encontre sur les réseaux sociaux en rappelant que leur combat est contre les squatteurs, indiquant qu’ils ne parlaient jamais d’ « étrangers », il a notamment donné l’exemple d’interventions en faveur d’étrangers de la part des Grands Frères sans qu’il en soit fait la publicité.
 

Prochain rassemblement le 10 octobre

Olivier Goudet des 500 Frères et Trop Violans a pris la parole en dernier, il a fait un parallèle avec mars/avril 2017, martelant qu’il s’agissait toujours d’un combat du peuple contre un Etat sourd et des élus déconnectés qu’il invite à se ressaisir. A ce titre le député Gabriel Serville présent hier soir a été particulièrement encensé. Le rassemblement s’est terminé sur la remise d'une gerbe aux membres de la famille et d'un moment de recueillement devant le numéro 18 de la rue Barrat où des bougies ont été allumées. La foule a observé une minute de silence a la demande des associations en hommage à Raymond Gaye.
L’association Trop Violans a d’ores et déjà donné rendez-vous le 10 octobre prochain date anniversaire de l’association pour un grand meeting sur ces questions des squats, mais aussi du suivi des accords de Guyane