Les têtes tombent au Parti socialiste Guyanais

Serge Smock
© guyane 1ère | Serge Smock, nouveau maire de Matoury

19 jours après l’installation du nouveau conseil municipal de Matoury, Serge Smock, le maire, et Anne-Michèle Robinson, sa 2ème adjointe, ont été exclus. Ils l’ont appris par courrier. Par ailleurs, le parti annonce avoir validé les démissions de Roger Aron et Marius Florella.

Véronique Bedz
Publié le , mis à jour le

Tout est bien sûr lié à l’élection de Serge Smock le 06 septembre dernier. Il était candidat, pour devenir maire, tout comme Anne-Michèle Robinson et Roger Aron. Sauf que le Parti socialiste Guyanais avait au préalable désigné son candidat : le secrétaire général du parti, Roland Léandre. Résultat : le maire et sa deuxième adjointe sont exclus, et la démission de Roger Aron est acceptée (en même temps que celle de Marius Florella, également conseiller municipal de Matoury). 
Ce dernier justifie d’ailleurs cette exclusion. « C’est conforme à ce que disent les statuts du Parti. Nous n’avons fait que respecter l’article 12.5 » explique Roland Léandre, qui dit par ailleurs regretter d’avoir dû prendre cette décision « C’est clair que nous aurions préféré que cela se passe autrement. Nous essayons de reconstruire le parti avec des hommes, des femmes, des militants qui s’engagent. Mais il est important que les uns et les autres respectent le parti. Nul n’est au dessus du règlement intérieur. Nul n’est au dessus du parti »

Faute grave ou chasse aux sorcières


Dans la lettre d’exclusion, datée du 25 septembre, les mots sont durs. «Vous avez commis un acte politique caractérisant votre indiscipline et constitutif d’une faute grave. Le Comité Directeur a acté votre exclusion de fait et de droit du parti avec effet immédiat ». On savait que Serge Smock et Anne-Michèle Robinson avaient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, mais peu s’imaginaient que la sanction viendrait aussi vite.
Dans beaucoup de partis, ce type d’exclusion est automatique quand un membre ne respecte pas les investitures, pour les élections. Mais au-delà du règlement, cette affaire nous replonge à nouveau dans l’univers impitoyable du PSG. Ces dernières années, on a connu les luttes intestines après la débâcle à la CTG et l’éviction de  Marie-Josée Lalsie. S’en est suivie la guerre des chefs à Matoury entre le maire Gabriel Serville et son premier adjoint Serge Smock, puis le mélodrame de la succession de Serville.

Le PSG perd l’un de ses derniers bastions


Désormais, le Parti Socialiste Guyanais nous offre un spectacle que certains qualifient déjà de « chasse aux sorcières ». D’autant que ce n’est que le début,  prédisent des observateurs. Une certitude : le PSG n’a dorénavant plus de grandes communes. Matoury était l’un des derniers bastions qu’il avait réussi à conquérir. Il ne reste aujourd’hui que Saint Georges de l’Oyapock, et Apatou. Nous sommes bien loin des années 80-90, quand le parti de Justin Catayée régnait quasiment en maitre sur la Guyane.

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