Marie-George Thébia:"Raconter ma Guyane d'antan"

Marie-George Thébia
© MGT | L'écrivaine Marie-George Thébia, chez elle, dans son coin lecture

L'écrivaine Marie-George Thébia collabore désormais au magazine TV Mag et publie tous les 15 jours une chronique  "A pou nou konet". Professeure d'histoire, elle joue ainsi, à plein temps, son rôle de transmission du patrimoine. 

Catherine Lama
Publié le , mis à jour le

Aujourd’hui chroniqueuse historique pour tv mag, quel rôle entendez-vous jouer pour la transmission ?

J’ai toujours œuvré pour une histoire accessible hors des cercles réservés aux universitaires. Je sais qu’il n’est pas facile aujourd’hui de captiver un auditoire autour de l’histoire, la concurrence est rude. Il faut donc se réinventer, mélanger anecdotes et sources fiables, témoignages et recherches érudites. C’est pour cette raison que j’ai accepté la proposition de TV MAG et d’Audrey Virassamy de fédérer autour du passé, du patrimoine, de raconter ma Guyane d’antan. J’alimente la rubrique "A Pou Nou Konnet" en alternance avec Eugène Epailly.

Ecrivaine et professeure d’histoire, pensez - vous continuer à utiliser la veine historique pour vos prochains romans ?

Pour la vie Bidim d’Ambrosia Nelson c’était mon credo, relater la vie de mon héroïne et en profiter pour la situer dans des espaces temporels précis, la Guyane des années Bumidom, la guerre d’Algérie, la France de De Gaulle. Pour le prochain, je pense (il est en écriture) que ce sera plus ancré dans l’actualité, j’ai envie d’écrire un roman coup-de-poing, loin, très loin de ce que j’ai écrit jusqu’alors. L’histoire, j’y reviendrais certainement, mais il me faut une bonne idée.

Quel retour avez-vous de vos élèves et du public en général sur ce que vous faites ?

Mes élèves sont fiers de leur professeure, certains ont déjà la fibre de l’écriture et me donnent leurs textes à lire, je prépare en quelque sorte la relève, toujours la transmission ! Je profite de mon statut d’écrivaine pour leur faire découvrir d’autres auteurs Guyanais dans le cadre d’un enseignement d’exploration (LCS) en seconde. Avec une collègue professeur de Lettres, nous avons mis en place pour cette année un module sur la littérature Guyanaise.
J’aimerai pouvoir dire un jour à propos du futur grand écrivain Guyanais, celui ou celle qui portera haut la littérature Guyanaise, que j’ai eu la primeur de son talent ! Que j’y suis modestement pour quelque chose ! Quant au public, il me soutient. Les lecteurs m’encouragent à avancer ! (Bidim a été un vrai succès de librairie !), je poursuis en toute humilité afin de continuer à leur offrir des histoires qui leur ressemblent.
 

Passionnée d'histoire et d'écriture

Diplômée d'une maîtrise d'histoire et de sociologie en 1989, Marie-George Thébia se met immédiatement à enseigner. parallèlement, elle commence à écrire et ne s'arrête plus . Elle publie dans la revue littéraire guyanaise La Roche Gravée. 
En 2006, elle reçoit le prix René Maran pour sa nouvelle Bois d’ébène qui raconte de manière romancée le terrible voyage de Gorée à Cayenne, la traite négrière.
En 2009, elle co-écrit le documentaire sur l’histoire de l’immigration chinoise en Guyane.
C'est en 2011 qu'est publié son premier recueil de nouvelles Bois dEbène et autres nouvelles de Guyane inspirées de la tradition et de la guyanité d'aujourd'hui . En 2014, elle fait une incursion dans l'érotisme et collabore au recueil de nouvelles érotiques "Shanghaï Canaille".
Avec "La vie Bidim d'Ambrosia Nelson" son premier roman paru en septembre 2016, aux éditions l'Harmattan, l'auteure signe un succès de librairie salué par la critique. Ce livre est nominé au Prix Carbet de la Caraïbe.

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