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Profs absents à St-Georges... Pourquoi ?

Marc Duvil
Publié le

Treize professeurs absents depuis la rentrée au collège Constant Chlore de Saint-Georges de l’Oyapock, presque autant au collège Gran Man Difou de Maripasoula. Les chiffres ont de quoi impressionner, mais c’est la triste réalité énergiquement relayée par les parents d’élèves des communes concernées. Des professeurs absents dans plusieurs disciplines et donc de nombreuses heures creuses à prévoir pour les collégiens et des cours à rattraper : en clair, une année scolaire perturbée du début jusqu’à la fin.
Voilà donc ce qui pend au nez des petits oyapockois si rien n’est fait rapidement. En pareil cas, il est souvent bon de pointer du doigt le rectorat soupçonné de laxisme dans la gestion des affectations qui ne seraient pas effectuées en temps et en heure pour permettre à chaque enseignant d’être présent à leur poste à la rentrée.
Sauf que, dans le cas d’espèce, le rectorat semble exempt de tout reproche. La faute incomberait plutôt à ces enseignants, de plus en plus nombreux dans notre académie, qui refusent catégoriquement et systématiquement de se rendre dans les communes de l’intérieur, ces enseignants réfractaires à tout affectation dès lors qu’elle dépasse les frontières de l’ile de Cayenne et ses environs. Refus pour raisons personnelles, familiales le plus souvent. Outre l’éloignement, sont également mis en avant l’absence et l’inconfort des logements des lieux d’affectation.
Des raisons parfaitement compréhensibles, mais sont-elles suffisantes pour laisser en plan nos élèves de Saint-Georges, Maripasoula, Papaïchton, Camopi, Loka ou Monfina. Quand on passe des concours, de surcroit, spécifiques, réservés à la Guyane, il faut pouvoir en accepter les inconvénients en cas de réussite. Difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre.
Tout le monde ne peut enseigner sur l’ile de Cayenne, certains professeurs devraient consentir à ce petit effort. La nature a horreur du vide, si nous ne le faisons pas, ce sont les autres qui le feront à notre place et là inutile après de se plaindre, de crier à l’injustice ou à la fatalité.
Charly Torres, A MO KI DI