A Mo Ki Di

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Libération des propos racistes, danger

Phil Labonté
Publié le

La cage est effectivement ouverte depuis quelques temps et la parole raciste libérée pour se propager en France et sur l’ensemble du territoire européen. Une parole raciste jusque là discrète, latente, sournoise, depuis « nanni nannan », qui monte en volume et en puissance à la faveur notamment d’une crise économique persistante. Conséquence, l’autre est souvent perçu comme celui qui vient vous enlever le pain de la bouche.
 
Il faut donc s’en méfier, le vilipender, sur la voie public s’il le faut. Selon la commission nationale consultative des droits de l’homme, les actes et menaces à caractère raciste et antisémite ont augmenté de 23% l’an dernier, des pans entiers de la société reculent sous l’effet d’une libération de la parole.
 
La montée du front national participe également à  cette évasion qui a fait sauter toutes les digues.
Un tsunami verbal qui aujourd’hui se déverse à grosses vagues sur la ministre de la Justice Christiane Taubira, assimilé à un singe sur son arbre, la banane à la main.
 
Indignation, consternation, de nombreuses plaintes déposées, car au travers des attaques contre Madame Taubira, ce sont toutes les personnes noires qui sont animalisées ; des sanctions judiciaires s’imposent disent certains.
 
Des sanctions d’accord, sauf que tout ne doit pas reposer sur le dos de la justice. Avant d’accabler les autres, commençons par balayer devant nos portes : nous devons également nous interroger.
A chacun aujourd’hui de faire son auto critique, de s’interroger sur ses pensées, ses propos, son comportement, ses faits et gestes au quotidien vis-à-vis de l’autre.
 
Il est effectivement grand temps de ramener l’oiseau dans sa cage, mais la chasse, la traque ne peut être que collective. AN NOU GADE POU SA.
 
 
Charly Torres, A MO KI DI