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IESG : la grève de tous les malaises

Marc Duvil
Publié le

Et voilà les grévistes de l’IESG taxés de racisme et de xénophobie. Remettre en cause une gouvernance assurée par des non locaux ; certains détracteurs n’ont donc pas tardé à s’infiltrer dans la brèche, à exploiter un filon facile afin de disqualifier à leur tour un mouvement dont le feu couvait depuis bien longtemps.
Une intersyndicale à la tête d’une grève à l’université : une première dans l’établissement, de l’avis de certains observateurs. Etudiants, enseignants, personnel administratif, tous les syndicats unis pour la même cause, une première qui, selon ces mêmes observateurs, explique l’ampleur du malaise et du mal-être quotidien a l’intérieur du campus. Malaise qui serait notamment lié à certaines pratiques dignes, je cite, d’une université bananière : des diplômes délivrés sans validation de certaines compétences, des recrutements et des transferts sur des postes qui ne correspondent pas aux besoins des étudiants et aux compétences réelles des intéressés ; un personnel administratif qui serait réduit au silence, ayant continuellement recours  aux arrêts maladies, très nombreux d’ailleurs l’an dernier, nous précise-t-on. Même traitement réservé, nous dit-on encore, aux nombreux vacataires, pointés aujourd’hui à 200 contre 50 titulaires.
Il n’est nullement question, selon les grévistes, de faire la chasse aux Antillais, Africains, Haïtiens, Chinois ou autres ; mais d’exprimer un ras-le-bol vis-à-vis d’une équipe dirigeante dont les agissements porteraient atteinte au bon fonctionnement de l’université, d’où cette volonté, cette détermination à repartir sur de nouvelles bases.
Une revendication qui, elle aussi, mérite attention et analyse par la direction de l’UAG, à moins que la volonté soit d’aboutir à un pourrissement de la situation qui, à court et à long terme, sera forcément préjudiciable à ceux qui ont fait le choix de rester au pays, préjudiciable à nos étudiants pénalisés sur bien des plans.

Charly Torres, A MO KI DI