A Mo Ki Di

Du lundi au vendredi à 08h10.

A Mo Ki Di

Harpie fait-elle encore l'affaire

Phil Labonté
Publié le

 
Une activité qui mine la Guyane : l’orpaillage clandestin. Plusieurs centaines de chantiers illégaux recensés ; plus de 10 mille garimpeiros ; environ 10 tonnes d’or extrait illégalement chaque année du sous-sol guyanais, soit environ 25kg par jour.
Une intense activité illégale et en face une filière légale d’une centaine d’entreprises, marquée par les conflits de personne et qui tente difficilement de tirer son épingle du jeu aux cotés de clandestins mieux structurés et mieux organisés.
 
Une activité illégale que tente d’enrayer HARPIE ; opération de lutte contre l’orpaillage qui arrive en fin de cycle, selon les termes du général Lucas, commandant de la gendarmerie de Guyane, notre invité café ce matin. Harpie qui semble, en tout cas, montrer ses limites, s’adaptant difficilement à la mobilité et l’ingéniosité d’un adversaire déterminé à exploiter les failles du dispositif tant sur le plan juridique que réglementaire.
 
Harpie dépassé, fatiguée, épuisé notamment par la faiblesse de la coopération des forces brésiliennes et surinamaises sur le terrain et cela malgré les sollicitations répétées coté français.
Harpie qui bat de l’aile, certains, comme le sénateur maire Jean-Etienne Antoinette,  préconisent l’alternative Économique avec notamment la création d’une société minière publique : une structure, qui selon le parlementaire, permettrait de mieux exploiter les ressources du sous-sol au profit de la Guyane  et du budget national.
 
Une grosse société publique minière pour mieux exploiter la ressource, pourquoi pas, mais nous voyons mal comment elle pourrait, ne serait-ce que freiner une activité illégale qui monte en puissance et qui a déjà eu raison des opérations Anaconda hier, Harpie aujourd’hui et de l’ensemble des animaux de la forêt demain. Comme disait le commandant Lucas ce matin : « Tchimbé rèd pa moli »
 
Charly Torres, A MO KI DI