Economie : la croissance en baisse de plus 2% en Guyane en 2015

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"En 2015, les entreprises guyanaises, principalement celles du secteur marchand, ont généré 1,2 milliard d’euros de richesse." C’est ce que nous apprend une récente publication de l’INSEE. En clair, la croissance baisse de plus de 2% par rapport à 2014.

Karl Constable /MCT Publié le , mis à jour le

Le temps de l’analyse oblige, c’est en ce mois d’août que l’Institut national de la statistique et des études économiques publie les chiffres de santé des entreprises pour l’année 2015.
 

Moins de tirs de fusée

Premier constat : après un pic de croissance de 4% en 2014, la Guyane enregistre l’année suivante une croissance nettement plus faible de +1,9%.Le dicton qui dit que « quand le spatial éternue, c’est la Guyane qui s’enrhume » reste la réalité économique locale. Dans ce contexte, les entreprises principalement marchandes ont créé près de 1,2 milliard d’euros de valeur ajoutée en 2015 et cela principalement sous l’effet d’une hausse de l’activité des industries manufacturières, elles-mêmes poussées par la croissance démographie locale.
Rémi Charrier chef de l'unité études diffusion à l'INSEE explique "en 2014, l'activité avait été forte au niveau du spatial, cela avait fortement impacté l'économie. 4% de croissance ! En 2015, il y a eu moins de tirs de fusée. Par ailleurs, l'effet de croissance démographique est très important. Le 1er secteur est celui des services et du commerce."  
 

Baisse de l'investissement 

En moyenne le taux de marge dégagée en 2015 par les entreprises guyanaises est de 33 %. Ce taux de marge élevé n’implique pas nécessairement une rentabilité économique forte. Les grandes entreprises sont celles qui dégagent le plus de valeur ajoutée. Ainsi, la moitié des entreprises de 10 à 250 salariés ont dégagé une valeur ajoutée supérieure à 584.000 euros.
Cette étude nous apprend aussi que l’investissement en Guyane a baissé de 4,5%. Un investissement qui reste faible et très contrasté par rapport aux Antilles.
"C'est très variable" confirme Rémi Charrier "les grandes entreprises investissent beaucoup et les bénéfices ne restent pas dans les caisses. Dans l'immobilier en revanche, il y a peu d'investissements, résultat : il y a de très fortes marges, de forts taux de rentabilité"
 

Le BTP et la construction en berne

Enfin à noter que 2015 n’a pas été une bonne année pour le BTP (bâtiment et travaux publics)et la construction.Toutefois, l’augmentation de la Ligne budgétaire unique (LBU) de 17,4 M€ pour atteindre 49,4 M€ en 2015 contre 32 M€ en 2014 apporte un nouveau souffle à une filière dont le potentiel d’activité est avéré en raison des besoins soutenus en logements et en infrastructures. En 2015, les richesses dégagées par ce secteur atteignent 205 millions d’euros, et représentent 17 % des richesses produites sur le territoire. C’est nettement supérieur à la Guadeloupe et la Martinique.