Le désespoir d’un présumé dissident cubain exilé en Guyane

Ernesto Ibar Alonso

Reconnu comme opposant cubain par les Etats-Unis dans les années 90, Ernesto Ibar Alonso se dit persécuté dans son pays. Arrivé en Guyane en 2015, il a vu sa demande d’asile rejetée. Cuba refusant son retour au pays, il se retrouve sans statut à Cayenne, dans la situation d’un apatride.

Laurent Marot/MCT Publié le , mis à jour le

Reconnu comme opposant cubain par les Etats-Unis dans les années 90, Ernesto Ibar Alonso se dit persécuté dans son pays. Arrivé en Guyane en 2015, il a vu sa demande d’asile rejetée, faute de preuves récentes de persécutions. Cuba refusant son retour au pays, il se retrouve sans statut à Cayenne, dans la situation d’un apatride.


Une demande d'asile politique

Une errance sans fin… En 2015, Ernesto Ibar Alonso quitte Cuba pour la Guyane. Militant d’une association de défense des droits de l’homme, il dit avoir été persécuté dans son pays. « Ce n’est un secret pour personne : nous les cubains nous vivons dans une dictature », indique cet homme de 50 ans, qui gagnait sa vie comme réparateur d’appareils électroniques à la Havane. « J’étais membre d’un groupe de défense des droits de l’homme et j’étais tout le temps persécuté. Je suis donc venu à Cayenne pour demander l’asile politique », précise t-il. 


Pas assez de preuves de persécution

Asile refusé par la France : Ernesto apparait sur des listes officielles d’opposants cubains élaborées par les Etats Unis dans les années 90, mais les autorités françaises pointent le manque de preuves récentes de persécutions. « Ils me demandent des preuves que je n’ai plus : on me les a prises à l’aéroport avant que je sorte de Cuba », explique Ernesto. « Tous les opposants sont sur une liste noire. Quand ils sortent du pays, ils sont fouillés, c’est ce qui s’est passé pour moi », déplore t-il.


Comme un apatride

La famille d’Ernesto – sa femme et sa fille - est restée à Cuba. L’an dernier, il tente un retour au pays, sous l’égide de  l’Office Français de l’Immigration et de l’intégration (OFII). Mais lors de l’escale à l’aéroport de Saint Domingue, en République Dominicaine, impossible de prendre l’avion pour Cuba : « Quand ils ont vérifié sur l’ordinateur », se souvient Ernesto, « ils m’ont dit que je n’avais pas l’autorisation de rentrer dans mon pays. Le gouvernement cubain a dit non. J’ai été ramené en Guadeloupe. Les autorités françaises ont appelé l’ambassade de Cuba en France, qui n’a pas donné l’autorisation de mon retour».


Une infinie tristesse

Ernesto Ibar Alonso
Rapatrié en Guyane par l’OFII, Ernesto a demandé un réexamen de sa demande d’asile. L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande de réexamen. Sans ressource, il vit dans une grande précarité à Cayenne, avec de temps en temps quelques jobs de réparation d’appareils électroniques. Dernier espoir : un ultime recours déposé devant la Cour Nationale du Droit d’Asile. .« Aujourd’hui, je m’en remets à Dieu...car maintenant, je ne sais pas quel est mon pays », confesse Ernesto, au bord des larmes.