Zone Terca : l'Etat ira au bout de ses engagements

Démolition à la zone Terca
© Claude Innocent | Démolition à la zone Terca

C''est fait. Le préfet s'était engagé à aller jusqu'au bout et les démolitions à la zone Terca ont bien démarré ce matin. Une opération qui se poursuit et qui a mobilisé les forces de l'ordre pour faire face à la résistance des habitants qui avaient érigé des barricades aux entrées du quartier.

Jessy Xavier/Nikerson Perdius Publié le , mis à jour le

L’alerte avait été donnée suffisamment tôt et les habitants avaient donc érigé leurs barricades dans la nuit. Aux premières heures, ce matin, le face à  face a débuté. Les gendarmes étaient postés au niveau du parking du centre commercial devant la route principale permettant d’accéder au quartier et les habitants, eux étaient derrière leurs remparts faits de carcasses de voitures, de pneus, et autres encombrants bloquant la voie d’accès. Vers 8h30, le directeur de cabinet du préfet Laurent Lenoble est venu à le rencontre des habitants : une cinquantaine de personnes. Il tente de rassurer en indiquant que toutes les situations des familles seraient étudiées. Selon la préfecture 26 familles sont ainsi déjà relogées ou en attente d’un logement social. 

Un rapport de force qui tourne court

Cependant, malgré également l’intervention de Sylvéra Dorjean, médiateur social, connu dans la communauté haïtienne, la foule n’entend pas céder du terrain. Le directeur de cabinet propose des logements provisoires pour les autres familles non encore prises en compte. Une annonce qui déplait. Il quitte donc les lieux. Vingt minutes plus tard l’intervention débute. Cent cinquante gendarmes entrent en action, des gendarmes mobiles, de la compagnie de Matoury, du GIGN, auxquels il faut ajouter une quarantaine de vigiles et une dizaine de déménageurs mobilisés par l’homme d'affaire Raymond Abchée. La résistance des habitants ne dure pas bien longtemps. Les forces de l’ordre feront deux interpellations. On note également un blessé léger au bras, il s’agit d’un habitant, frappé au cours d’une altercation avec un déménageur. Une femme a également été évacuée par les sapeurs pompiers suite à un malaise.


Une honte pour les associations 

Les critiques sont nombreuses concernant cette opération. Certains parlent d’illégalité et plusieurs associations étaient mobilisées ce matin sur les lieux. L’association Droit Au Logement "Bloublou Fini était présente", Marius Florella, son président, également élu de la commune de Matoury ne comprend pas que l’on ne soit pas allé plus vite pour organiser le relogement des familles éligibles. La Ligue de droits de l’homme était aussi sur le terrain. Sylvie Cornu vice-présidente de la LDH parle d’une honte pour la République évoquant le pot de fer contre le pot de terre. L’association du Village Terca a, pour sa part, une nouvelle fois demandé à rencontrer le préfet pour trouver une solution non violente, rappelant sa proposition de déplacer la dizaine de maisons qui seraient directement concernées par le projet commercial du propriétaire. 


L'Etat respectera ses engagements vis à vis des consorts Abchée

Ce recours à la force publique a été décidé  par le préfet Eric Spitz pour appliquer une décision de justice datant de 2009 en faveur du propriétaire Raymond Abchée. 24 hectares, au total, sont concernés dans cette parcelle où plus de 80 familles ont été recensées. "Les 87 maisons seront détruites si c’est le souhait du propriétaire" a affirmé le préfet de région, ajoutant que c’était ce que comptait faire Raymond Abchée. Mais il n'empêche qu'avec la fermeté, le préfet a allié l'humanité. Pour l'instant quelques maisons ont été détruites.
Pendant que l’opération se déroulait sur le terrain, en préfecture, une cellule de crise travaillait sur la gestion de ces expulsions. Toutes les informations remontaient dans une salle où se trouvaient les pompiers, la gendarmerie et la sécurité civile.
Cette opération de grande envergure va se poursuivre encore deux ou trois jours 

Le reportage de Claire Giroud

 

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