Les premières cartes de frontaliers enfin délivrées aux oyapockois brésiliens

La carte de frontalier
© Laurent Marot

Ce fut un moment important pour les populations de la vallée de l'Oyapock. Le 29 mai,  les 12 premières cartes de circulation transfrontalière ont été remises à des habitants d'Oiapoque. Valables 2 ans, elles leur permettront de circuler librement pendant 72h maximum à Saint-Georges. 

LM/CL Publié le , mis à jour le

Régulièrement ces dernières années, les habitants de Saint Georges et d’Oiapoque se sont plaints de reconduites à la frontière décrites comme « abusives », car réalisées sur des gens venus en « voisins » sur la rive guyanaise. La diffusion de la carte transfrontalière devrait faire baisser les tensions. Mais l’idée aura mis du temps à se concrétiser.Plusieurs fois évoquée ces 15 dernières années, elle est enfin réalité.Georges Elfort, le maire de Saint Georges, salue ce dispositif mais il souhaite qu’il aille plus loin. 
C’est la PAF, la Police aux Frontières qui gère ce dispositif, en lien avec la préfecture pour la validation des demandes.
 

Les cartes délivrées par la PAF sous le contrôle de la Préfecture

Les requérants de la carte transfrontalière doivent faire leur demande dans les locaux de la PAF à côté du Pont de l’Oyapock, à huit km environ du bourg. Ce n’est pas très pratique, mais la PAF précise qu’elle n’a pas le choix, car le matériel informatique et les liaisons pour traiter ces demandes se trouvent dans ses locaux. Depuis le 1er janvier, date du début de ce dispositif, la  Police aux Frontières a reçu de nombreuses demandes, environ 500, faites par les habitants d’Oiapoque. 200 cartes doivent être délivrées ces prochains jours.
En ce qui concerne l’ouverture du pont de l’Oyapock, il n'y a toujours pas de date annoncée. Le  sous-préfet Fabien Martorana a juste indiqué que cette ouverture sera évoquée lors de la prochaine commission mixte transfrontalière, les 29 et 30 juin prochain, à Macapa

Une certaine impatience du côté brésilien

Du côté brésilien on se réjouit de cette mesure qui apaise la relation entre les communautés française et brésilienne. Même si dans la presse, on souligne que les délais d'attribution sont longs - 6 mois selon le site Seles Nafes - et que surtout les ressortissants brésiliens ne peuvent se rendre à Cayenne dans les principaux centres commerciaux. Alors qu'à l'inverse, les citoyens français peuvent aller et venir sur la rive brésilienne sans visa.
Les habitants d'Oiapoque attendent impatiemment l'ouverture du pont bi national achevé depuis 4 ans et pour lequel il n'y a toujours pas d'infrastructure douanière. Lors d'une manifestation contre l'isolement et les coupures d'électricité répétées à Oiapoqué, ils ont envahis le pont en menaçant de se rendre sur la rive française.