Six candidats aux élections sénatoriales

Senat illustration
© JEAN-PIERRE MULLER / AFP

L'élection des sénateurs de la Guyane va se dérouler le dimanche 28 septembre à la préfecture de Guyane. Ils sont 6 candidats à briguer une place à la chambre haute  : Georges Patient, J-Etienne Antoinette, candidats sortants,  Antoine Karam, Hubert Contout, Jocelyn Ho Tin Noé et Gamal Hooseinbux.

Catherine Lama
Publié le , mis à jour le

 Vendredi les 6 candidats se prêtés à un exercice démocratique peu familier à Kourou. A la demande du maire François Ringuet et de son équipe municipale, ils ont passé un grand oral qui consistait à présenter aux élus de la ville spatiale leur vision de la fonction de sénateur et des projets qu'ils se proposaient de défendre.
Un exercice qui a sans doute été plus facile pour les deux sénateurs sortants Jean-Etienne Antoinette et Georges Patient qui entendent bien se faire réélire.

Georges Patient, un deuxième mandat

Etre au plus près du pouvoir pour faire notamment avancer les dossiers de la Guyane, voilà la stratégie adoptée par Georges Patient. Au Sénat il est vice-président de la commission des affaires européennes et membre de la commission des finances. Deux postes très influents. Fort de son expérience politique : actuellement quatrième mandat de maire de Mana, conseiller général du canton éponyme pendant 13 ans, président de la Communauté des Communes de l’Ouest Guyanais sur un mandat de six ans, Georges Patient est loin d’être un novice en la matière. Aux dernières élections présidentielles, il a été en Guyane le président du comité de soutien du candidat Hollande. Aujourd’hui il prétend  avoir l’oreille du président de la République. Ce divers-gauche n’est encarté dans aucun parti politique, au Palais du Luxembourg, il siège depuis 2008 dans le groupe apparenté socialiste

Jean-Etienne Antoinette, un deuxième mandat

Jean-Etienne Antoinette est l’une des figures du parti Walwari, mais quand il siège au Sénat il est apparenté socialiste. Âgé de 48 ans, il achève un premier mandat dans la chambre haute entamé en 2008. Mais depuis, bien des choses ont changé. La principale : battu aux dernières municipales de 2014, il n’est plus maire de Kourou. Un fauteuil qu’il avait commencé à occuper jeune, à 30 ans, en 1996, et qui lui a permis de devenir sénateur. Jean-Etienne Antoinette n’est plus non plus conseiller régional depuis 2010.
Au Sénat, Jean-Etienne Antoinette est vice-président de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Il a co-signé plusieurs textes dont quelques uns ont abouti à des lois comme celle visant à interdire l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique.
Jean-Etienne Antoinette préside par ailleurs le conseil d’administration de la Simko depuis 2008.

Antoine Karam, le retour 

Son entrée en lice dans la bataille des sénatoriales a provoqué l'étonnement dans le microcosme politique guyanais. L'ancien président du Conseil Régional durant trois mandatures avait en effet annoncé qu’il prenait sa retraite politique au terme de son mandat de conseiller général, poste conquis en 1985. Ni les municipales de 2014, les européennes qui ont suivi et les sénatoriales à venir ne l’intéressaient. Il avait toutefois laissé une porte ouverte dans la perspective de la mise en place de la Collectivité Unique en 2015. Pour l’ancien  secrétaire général, à deux reprises, du Parti Socialiste Guyanais, la politique semble plus qu’un virus et bien une passion dévorante. Militant au sein de  l’Union des Étudiants Guyanais à Paris, il débute sa carrière politique en 1977. Conseiller  municipal à Cayenne, il est réélu sans discontinuer jusqu’en 2002. Antoine Karam, 64 ans qui tourne le dos à la politique, qui aurait voulu croire à cette histoire en Guyane ? 

Hubert Contout, un autre challenge à relever

C’est son admiration pour Christiane Taubira, après les législatives de 1993, qui pousse Hubert Contout vers la politique. Il adhère, quelques années plus tard à Walwari, mouvement dont il sera le brillant représentant aux cantonales de 2008 dans le canton centre de Cayenne en l’emportant face au conseiller sortant, Marie-Claude Verdan.
Premier vice président de la collectivité départementale depuis 2011, il aurait pu occuper le fauteuil de Président au bénéficie de l’âge aux dernières élections, mais il s’est finalement ravisé. Une façon, explique t-il, de mettre en avant les problèmes de gouvernance au sein de l’exécutif.
Dans la foulée, il claque la porte de Walwari qui ne le soutient pas dans son projet de candidature pour les législatives de 2012. Mais là, pour les sénatoriales, pas question de renoncer.
Il se présente donc seul, sans étiquette, en homme libre. Une liberté indispensable pour dit-il, relayer le plus fidèlement et le plus efficacement possible les doléances des collectivités.

Jocelyn Ho Tin Noé, l'homme de dossier

On le connaît comme joueur de fond, mais il n’hésite pas à monter au filet pour s’imposer. La pratique du tennis, puis du football dans sa jeunesse, sur la place des Palmistes à Cayenne ont sans doute forgé le caractère de Jocelyn Ho Tin Noé. Homme de dossiers, il a ainsi contribué à la rédaction du Pacte de Développement, des Etats Généraux  en 1999 et du DOCUP 2000-2006,  mais il n’en demeure pas moins un homme de terrain. Ses premiers pas en politique il les fait sous la mandature de Gérard Holder à la mairie de Cayenne. Entre 1983 et 1989,  il est donc conseiller municipal. Il faut attendre ensuite les régionales de 2010 pour le voir revenir sur le devant de la scène politique. Premier vice-président de la collectivité, Jocelyn Ho Tin Noé se définit comme un homme de progrès de tendance gauche. Il est sympathisant de Guyane 73, mouvement créé par Rodolphe Alexandre en 2010 mais n’est encarté dans aucun parti.

Gamal Hooseinbux, unique représentant de la droite 

Tout juste âgé de 26 ans, Gamal Hooseinbux se présente pour la première fois à l'élection sénatoriale. Le jeune homme a beaucoup voyagé durant sa prime jeunesse. Né de parents guyanéens industriels et commerçants, il a vécu durant 5 ans au Togo, en Afrique, où ses parents avaient une usine de vélos et cyclomoteurs. Il a aussi vécu un an aux Etats Unis et 6 mois en Russie.
Après l'obtention de son bac S, il travaille comme associé dans l'entreprise familiale d'importation et de distribution; il continue en même temps des études par correspondance au CNED. Cela lui permet d'obtenir une licence en sciences. Il suit aussi une année de management avec une filiale de l'université de Cambridge au Guyana.
Aujourd'hui, il est le candidat de la droite. sa suppléante est Daniéla Lam Tou Kaï, conseillère municipale de Saint-Laurent du Maroni. Cela signifie, sans aucun doute que Gamal Hooseinbux a le soutien entier du maire de Saint-Laurent et président de la Communauté de Communes de l'Ouest Guyanais, Léon Bertrand.

Patrick Clarke - Nicolas Piétrus - Franck Leconte -Charly Torres

Candidats et suppléantes

Hubert Contout  - Remplaçante,Marie-Thérèse Abienso
Georges Patient (sortant) - Remplaçante, Marie-Laure Phinéra Horth
Antoine Karam - Remplaçante, Sylvie Fati
Jean-Etienne Antoinette (sortant) - Remplaçante, Josiane Mars
Gamal Hooseinbux - Remplaçante,Daniela Lam-Tou-Kaï- Stomp
Jocelyn Ho-Tin-Noé - Remplaçante, Carol Ostorero