Le bilan de la deuxième semaine de la Coupe du Monde

Deuxième semaine CDM

Si la première semaine du Mondial a révélé bien des surprises, la deuxième semaine a confirmé notre intuition : quelle Coupe du Monde de folie ! Bilan de la deuxième journée des matches de poule de la Coupe du Monde 2014.

Nicolas Docao Publié le

Peut-être s’agit-il, pour le moment, de la plus belle Coupe du Monde de l’Histoire. Des favoris tombent, des équipes surprises émergent, tandis que les scenarii des matches semblent écrits par les plumes d’Hollywood. Retour sur le film de la deuxième semaine de la Coupe du Monde 2014 au Brésil.
 

Les tops

 Que cette équipe de France est belle ! Vainqueurs du Honduras (3-0) pour leur premier match, les Bleus ont récidivé face à la Suisse (5-2). Dans la lignée de leur performance face à la Jamaïque (8-0) en match de préparation, les hommes de Didier Deschamps ont fait parler la poudre sur le plan offensif. En outre, en alignant Olivier Giroud à la place d’Antoine Griezmann et Moussa Sissoko à la place de Paul Pogba, le sélectionneur des Bleus a mis en relief sa profondeur de banc, tout en variant le système de jeu. De quoi parier sur un « rêve bleu » ?
 
Incroyable Costa Rica ! Au sein du « groupe du la mort » en compagnie de l’Italie, de l’Uruguay et de l’Angleterre, les hommes de Jorge Pinto avaient tout du Petit Poucet. Or, tombeurs de l’Uruguay (3-1) et de l’Italie (1-0), les Costa Ricains se qualifient pour les huitièmes de finale, au nez et à la barbe de ces grandes nations du football. À bien des égards, le Costa Rica apparaît comme l’épouvantail de la compétition.
 
Il se passe quelque chose dans la sélection de Louis van Gaal. Menés deux fois au score face à l’Australie, les Pays-Bas ont inversé le cours du match, en finissant par l’emporter 3-2. À l’instar de Robin van Persie et d’Arjen Robben, les grands joueurs répondent présent. Longtemps dans la peau des « perdants magnifiques », les Oranje arriveront-ils à inverser les lois de l’Histoire ?
 

Les flops

On la savait fébrile après sa déroute face aux Pays-Bas. Le couperet est tombé : l’Espagne a perdu sa superbe, en étant éliminée de la Coupe du Monde, à la suite de sa défaite face au Chili (2-0). Impuissants offensivement, malmenés défensivement, les hommes de Vicente Del Bosque sortent du Mondial par la petite porte, alors qu’ils étaient, pourtant, tenants du titre. Ainsi sonne la fin d’un cycle et, peut-être, d’une certaine idée du football.
 
Nation légendaire, l’Angleterre passe également à la trappe. Défaits par l’Italie (1-2) et par l’Uruguay (1-2), les hommes de Roy Hodgson rentrent piteusement à Londres, après avoir montré leurs limites. Bien que Wayne Rooney ait – enfin – débloqué son compteur de buts en Coupe du Monde, les Three Lions furent stoppés nets par la charrua uruguayenne. Ironie de l’histoire, leur bourreau se nomme Luis Suarez, lui qui enchante les supporters de Liverpool chaque semaine.
 
Les Lions ne sont plus si indomptables que cela. Défait par le Mexique (0-1), le Cameroun a pris l’eau face à la Croatie (0-4). Pourri par des luttes d’égos, le groupe emmené par un Samuel Eto’o fantomatique déçoit sur le pré comme dans l’attitude. Rarement avons-nous vu deux coéquipiers se battre l’un contre l’autre alors qu’ils sont dans la même équipe…
 

L’homme

Miroslav Klose ne fait pas de bruit. À 36 ans, le vétéran de l’attaque allemande a sa place sur le banc de la Mannschaft. Pourtant, la retraite n’est pas encore d’actualité. Face au Ghana (2-2), l’attaquant de la Lazio Rome a marqué. Comme toujours, en quatre éditions de Coupe du Monde disputées. Par ce petit but, Miroslav Klose devient, aux côtés de Ronaldo, le meilleur buteur de l’Histoire du Mondial, avec 15 réalisations. Wunderbar, Herr Klose.
 

Le geste

 Steven Gerrard rêvait d’un sacre en Premier League. Au dernier moment, le titre a fui de ses mains. Steven Gerrard rêvait d’un parcours brillant en Coupe du Monde. Hélas, les Three Lions sont éliminés. À la fin du match face à l’Uruguay, la tristesse était palpable du côté du capitaine des Three Lions, qui dispute sa dernière Coupe du Monde. Héros de la Céleste, Luis Suarez réconforte son capitaine à Liverpool à la fin du match. Nul ne sait ce que l’attaquant uruguayen a susurré à Steven Gerrard. Pour autant, sans doute s’agit-il de la plus belle image de respect que le football peut nous offrir.
 

La phrase

"Si nous battons le Costa Rica, je veux un bisou, bien sûr sur la joue, de la reine d'Angleterre."
Mario Balotelli, amoureux.
 

Et à part ça ?

 Si Hollywood est en manque de sujet, le scénario du match opposant les Etats-Unis au Portugal (2-2) a tout pour être adapté sur grand écran. Un match nul volé à la dernière minute par des Portugais indignes de leur rang, où l’anti-héros Cristiano Ronaldo ne fut décisif qu’à la dernière seconde du match. Puis, en face, des Américains décomplexés, charismatiques et atypiques, comme le défenseur Beckermann, le « Bob Marley blanc ».
 
Cela faisait 32 ans que l’Algérie n’avait pas gagné un match en Coupe du Monde. Face à la Corée du Sud, les hommes de Vahid Halilhodzic ont mis le feu (4-2). Et s’ils tombaient face à la France en quart de finale ? « One, two, three, viva Algérie ! »
 
Insignifiante dans le jeu face à la Colombie (0-3) et au Japon (0-1), la Grèce n’entrera pas au Panthéon des grandes équipes du Mondial. Et c’est une bonne nouvelle pour le football en général.