« Je ne me vois pas vivre ailleurs qu’en Guyane »

Jean Christophe boursier Cnes
© J.X | Jean-Christophe Vendome major de sa promotion DUT R & T de l'IUT de Kourou.

Le sourire en coin, Jean-Christophe Vendome  n’en revient toujours pas d’avoir terminé major de sa promotion à l’IUT de Kourou. Son DUT en poche il reçoit ce vendredi la bourse d’excellence du Cnes pour la poursuite de ses études, une aubaine.

Catherine Lama
Publié le , mis à jour le

Il n’aime pas beaucoup se faire remarquer. D’ailleurs, issu d’une fratrie de sept, il est tout juste au milieu, comme pour se fondre dans la masse. Un poil effacé Jean-Christophe Vendome sait toutefois où il va. Son Bac scientifique en poche, mention très bien,  il décide de s’intéresser à la filière technologique. Le voilà, deux ans après, à force de travail, major de sa promotion DUT Réseaux et télécommunications. « Ce fut à ma grande surprise » admet-il, « je viens d’un bac général, je ne pensais pas passer devant des camarades qui viennent des filières technologiques. Au début je n’y connaissais rien.» Il s’est plutôt bien rattrapé au point d’y prendre goût et de vouloir continuer en école d’ingénieur. Un projet qui aurait été difficile sans l’heureuse nouvelle de sa sélection parmi les 9 lauréats cette année des bourses d’excellences du Cnes. Un sacré coup de pouce qui l’accompagnera tout au long de son cursus à l’INSA Toulouse où il a été admis sur dossier.

Issu d'une famille modeste

« Je n’aurai certainement pas eu cette ambition sans la bourse »confie-t-il. La bourse d’étude supérieure du Cnes existe depuis près d’une trentaine d’années. Le cru 2013 affiche un brillant tableau du point de vue des résultats scolaires avec sur les neufs boursiers, quatre mentions très bien et trois majors de promotion de l’IUT. Pour autant d’autres facteurs permettent d’obtenir les faveurs du jury. Le choix des boursiers est motivé par leur projet professionnel, l’intérêt qu'il revêt pour la Guyane, pour le Cnes, sans oublier la condition sociale des familles. Jean-Christophe vit dans une famille modeste dont le moteur est visiblement la foi. Ses parents lui ont transmis « des valeurs, qui [l’ont] guidé tout au long de son parcours scolaire.» Son avenir ? Il aura le temps d’y penser répond-t-il en souriant. Seule certitude, s’il a choisi d’étudier à Toulouse, le climat y est pour beaucoup. « Je ne me vois pas vivre ailleurs qu’en Guyane », ajoute-il, signant son attachement au pays et comme pour rester fixer sur son objectif : décrocher son diplôme d’ingénieur et rentrer. Mais une inquiétude pointe sur son visage : « Pensez-vous que je trouverai du travail en rentrant ? » On ose le croire, d’autant que parmi les jeunes accompagnés par le Cnes depuis les années 80, certains ingénieurs sont aujourd’hui en poste à la base spatiale.

30 d’excellence

C’est le directeur du Centre Spatial Guyanais Bernard Chemoul qui remettra aux 9 jeunes leur bourse d’étude supérieur ce vendredi à la salle Jupiter. Depuis près de 30 ans une centaine d’étudiants ont bénéficié de ce programme. Les étudiants sélectionnés peuvent choisir de poursuivre leurs études dans l’hexagone ou en Guyane indifféremment. La bourse d’étude supérieure a été créée en 1984 pour encourager les jeunes guyanais à avoir de l’ambition et ne pas se censurer pour des raisons matérielles, exactement comme dans l’exemple de Jean-Christophe.