Le procès de Léon Bertrand commence aujourd'hui

Léon Bertrand maire de Saint-Laurent du Maroni
© Communication Saint-Laurent

Un procès hors norme commence aujourd'hui en Martinique. Celui de Léon Bertrand, Maire de Saint-Laurent du Maroni, ancien ministre et de 9 autres prévenus jugés pour une affaire de marchés présumés illégaux.

Laurent Marot Publié le , mis à jour le

Pendant cinq jours, jusqu'à mercredi, le tribunal correctionnel de Fort de France examine l'affaire des marchés présumés illégaux de la CCOG (Communauté de Communes de l'Ouest Guyanais), de la SENOG (Société d'Economie Mixte du Nord Ouest de la Guyane) et de la Mairie de St Laurent. Sur le bancs des prévenus, dix personnes. D'un côté, ceux qui participent à la décision d'attribuer un marché. De l'autre, ceux qui obtiennent le marché, en l'occurence des chefs d'entreprises.

Qui sont les prévenus?

Du côté des donneurs d'ordre, quatre personnes sont poursuivies : Léon Bertrand, président de la CCOG, ancien président de la SENOG, maire de St Laurent et ancien ministre du tourisme. Augustin Tosah Be-NZa, ex directeur général de la CCOG. Guy Le Navennec, ancien directeur de la SENOG, et Richard Cheung A Long, ancien chef de cabinet du ministre. De l'autre côté, six chefs d'entreprises soupçonnés d'avoir bénéficié de tout ou partie de marchés publics présumés frauduleux. François Combelles, ancien gérant de la société AMG, Abongo Adam, en charge de la SARL Aliba Pasaa Tiki, Jacky Hildenbrand et son ex-femme Chunny Katidjo, dirigeants de la société 3C, l'ingénieur Jean Pradié et l'architecte Jean-Pierre Lasalarié.

Que leur est-il reproché?

Léon Bertrand et ses trois anciens collaborateurs sont mis en examen pour favoritisme et corruption passive. Ils sont soupçonnés d'avoir favorisé des entreprises dans l'attribution de marchés publics, en échanges de "rétro-commissions" selon l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction. Onze marchés auraient été attribués illégalement dont ceux de la boulangerie de Saül, du groupe scolaire à Apatou, ou encore les centres multi services de Mana, Awala, Papaichton et Maripasoula. Au cours de l'enquête, près de 560 000 euros de pots de vin ont été évoqués. Poursuivis pour la plupart pour recel de favoritisme et corruption active, les chefs d'entreprises impliqués sont soupçonnés d'avoir versé ces" rétro-commissions" pour obtenir les marchés.
Parmi les chefs d'entreprise, Jacky Hildenbrand et son ex épouse Chunny Katidjo, Abongo ADAM, et François Combelles sont mis en examen pour recel de favoritisme et corruption active. Jean Pradié pour "recel de favoritisme, favoritisme, et corruption passive" et enfin Jean-Pierre Lasalarié pour "favoritisme et recel de favoritisme". Ces deux derniers (Jean Pradié et Jean-Pierre Lasalarié) étaient "assistants à la maîtrise d'ouvrage" sur un certain nombre de marchés et ils sont soupçonnés d'avoir donné des informations sur les prix des marchés à des entreprises.

A noter que Richard Cheung A Long est aussi mis en examen pour prise illégale d'intérêt. A la fois co-actionnaire de l'agence Ouest Voyages et ancien chef de cabinet de Léon Bertrand, il est soupçonné d'avoir participé à l'attribution des voyages de la mairie, de la CCOG et de la SENOG au bénéfice de son agence, dont il tirait de substantiels dividendes, selon l'enquête. 
Enfin Léon Bertrand et ses trois anciens collaborateurs ont démenti les accusations de corruption sauf Augustin Tosah, qui a révélé des détails aux enquêteurs, avant de se rétracter au cours de l'instruction.