Naufrage : "Je suis vivant grâce à Dieu"

Rescapé Raimundo Costa de Oliveira
© Laurent Marot | Après 3 jours de marche dans la mangrove

Huit survivants, trois morts et encore plusieurs disparus. C'est le bilan provisoire du naufrage de la pirogue de migrants clandestins samedi 27 avril. Parmi les rescapés, Raimundo Costa de Oliveira, 62 ans a survécu au drame avec son fils de 18 ans..

Laurent Marot/Catherine Lama/Jessy Xavier Publié le , mis à jour le

Affaibli et perfusé sur son lit d'hôpital, Raimundo jure qu'il ne reviendra plus par la voie clandestine en Guyane. Il remercie Dieu qui a permis que lui et son fils sortent vivants de ce voyage vers l'enfer. Retraité, 62 ans, il vit à Macapa. Ce voyage dans la clandestinité, il l'a fait par envie de revoir son frère qui vit en Guyane.


"La pirogue roulait comme un tronc d'arbre"

"On est parti d'Oiapoque samedi à 15h00. A la tombée de la nuit, il pleuvait, le piroguier s'est dit on va rebrousser chemin, car il y avait des rouleaux et des grosses vagues. Puis on est entré dans les rouleaux, à la rencontre des eaux entre le fleuve et la mer. Le bateau s'est retourné... il y avait plus ou moins 38 personnes à bord, la pirogue était surchargée. Elle roulait comme un tronc d'arbre, se retournant plusieurs fois.. L'émotion le submerge... On est resté comme ça, accrochés au bateau jusqu'au lever du jour. Une vingtaine de personnes avait disparu.". 
Par la suite, ils ont réussis à regagner la mangrove. Raimundo et son fils seront récupérés le mardi matin par un pêcheur.
Dans son récit haché, le rescapé a mentionné qu'il y avait à bord des femmes et au moins deux enfants.


Un nombre de naufragés incertain

Le chiffre de Raimundo de 38 personnes à bord de l'embarcation ne cadre pas avec l'estimation des autorités sur la base des témoignages des premiers rescapés. L'évaluation serait davantage de 20 à 25 clandestins sur le bateau naufragé. D'ailleurs le fils de Raimundo relativise le propos de son père et  avance une fourchette de 20 à 30 personnes.



Un bilan qui s'alourdit

Quatre jours après  le naufrage d’une pirogue de clandestins qui a eu lieu samedi soir quelque part entre la pointe Acoupa à une demi-douzaine de kilomètre de l’ile de Cayenne en direction de l’Est et l’embouchure de  l’Approuague le bilan pourrait s'avérer plus lourd que prévu  Les premiers  rescapés sont d’abord ramenés dimanche en début de soirée. Ils sont deux, récupérés par un bateau de pêche, c’est d’eux que viendra l’alerte. Suivra le lendemain peu avant 10h un nouveau rescapé ramené par l'hélicoptère de la gendarmerie mobilisé dans les recherches. Mardi matin deux nouveaux survivants sont ramenés à Degrad-des-cannes par un pêcheur. Cela fait 5 rescapés en mer ou dans la mangrove, mais dans la même matinée un rescapé est rencontré dans un bar route des plages non loin de l’embouchure de Mahury. Dans la soirée un autre survivant est repéré vers le rond point de  Suzini à Montjoly…il était affaibli… Enfin mercredi après-midi, les gendarmes retrouvent  un rescapé qui s’était rendu aux urgences de l’hôpital de Cayenne par ses propres moyens portant à huit le nombre de rescapés connus pour le moment.
Selon les témoignages, il reste de encore de nombreuses personnes dans la mangrove ou disparues en mer.