Dengue : Chacun doit lutter à titre individuel

Dengue, le travail d'épendage
© guyane 1ère

« Chacun doit lutter à titre individuel et empêcher que le moustique infesté continue son travail d’infection dans une famille » scande Sandrine Chantilly, directrice de la Direction de la démoustication alors que la dengue qui sévit depuis 7 mois a fait une 3ème victime le 19 avril à Cayenne.

Catherine Lama
Publié le , mis à jour le

Le dernier point épidémiologique fait état de 2620 cas, de 340 personnes hospitalisées dont 27 pour  une dengue grave et de 3 morts. Les interrogations sur la prise en charge hospitalière des malades sont nombreuses tout comme celles qui concernent l’éradication du moustique aedes aegypti vecteur de la maladie. La directrice de la direction de la démoustication des actions sanitaires du conseil général, Sandrine Chantilly a répondu à 3 questions :

Beaucoup de personnes s’interrogent sur l’efficacité des baygonneuses et mettent en cause l’insecticide utilisé ?
L’insecticide utilisé par nos services est celui autorisé par la directive biocide européenne  CE 98. Ce qui restreint le panel des outils biologiques utilisées en France et en outremer. Nous pouvons actuellement utiliser deux molécules, une larvicide et une adulticide. Pour la première qui sert à tuer les larves de moustiques, il s'agit du  Bacillus thuringiensis israelensis (BTI 12AS) avec laquelle il n’y a aucun problème de résistance. La mortalité se fait par ingestion du BTI dans 100% des cas lorsque ce produit est bien utilisé. On ne constate pas de résistance. Par contre il n’en est pas de même pour la molécule adulticide. Il s’agit de la deltamétrine. Dans toute l’Amérique du Sud et également en Afrique, il est prouvé une certaine résistance de l’aedes aegypti adulte à ce biocide.

Le larvicide Bativec utilisé sur l’ensemble du continent sud-américain est-il le même que celui diffusé en Guyane ?
Le larvicide Bativec est le même que celui utilisé en Guyane. Il est obtenu à partir du Bacillus thuringiensis israelensis. Seule la dénomination qui est commerciale change. Nous l’utilisons depuis le début des années 2000 en Guyane. Le Surinam qui n’avait pas débuté de lutte larvaire contre l’aedes aegypti sur son territoire s’est rapproché de nous en 2011 pour s’approvisionner et commencer une campagne. Nous avons coopéré et apporté un appui technique en formant plusieurs de leurs agents. D’une manière générale nous aidons dans la grande région dans la cadre d’une lutte coordonnée.

Nous sommes au cœur de l’épidémie quelle stratégie  suivez-vous ?
Notre stratégie de lutte est inscrite dans un document consensuel le Psage (Programme de surveillance d'alerte et de gestion des épidémie) dengue qui répertorie tous les stades de la lutte contre la maladie. La priorité, pour notre organisme,  est donnée à la lutte contre le moustique sous sa forme adulte car c’est lui qui décuple l’ampleur de l’épidémie, plus il y a des personnes malades, plus il y aura des moustiques infestés et plus il y aura des personnes malades. Mais j’insiste et c’est un message que je diffuse sans arrêt autour de moi, en période épidémique chacun doit lutter à titre individuel contre les moustiques. Il faut les tuer et il faut s’en protéger en utilisant notamment des répulsifs et tous les moyens possibles pour se soustraire aux piqûres des moustiques. Dès que l’on a de la fièvre (quelque soit son origine), il faut se protéger pour protéger les autres. En effet un moustique sain pique une personne fiévreuse, il est lui aussi infesté et en continuant à piquer il poursuit le processus de contamination. C’est l’explication à la montée exponentielle de la dengue notamment le phénomène de multiplication de cas de dengue dans les familles.
Nos priorités restent donc le travail de terrain qu’effectuent les baygonneuses avec des interventions dans les établissements publics, les écoles maternelles et primaires où les enfants sont particulièrement exposés. Nous sommes intervenus à Rémire-Montjoly, à Kourou, nous entamons Saint-Laurent et Cayenne. Nous poursuivrons avec les postes par exemples, partout où il y a des concentrations de personnes en journée car ce moustique agit la journée.

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