Guyane : les manifestants quittent le Centre spatial et appellent à une nouvelle mobilisation vendredi [SYNTHESE]

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Les manifestants, qui occupaient le Centre spatial de Kourou depuis mardi, ont mis fin à cette occupation à 10h30 (heure locale) en se targuant d'avoir effectué "une démonstration de force", a annoncé un porte-parole du mouvement. 

La 1ère (avec AFP) Publié le , mis à jour le

"On a voulu montrer que l'on pouvait prendre possession de tous les espaces, même stratégiques, de Guyane. C'était une démonstration de force", a indiqué ce délégué, Manuel Jean-Baptiste.

Ils ont été accueillis par les 500 frères à la sortie de la base spatiale. Olivier Goudet, porte parole du collectif, a aussitôt pris la parole, expliquant que l’occupation du CSG avait été improvisée. Selon Olivier Goudet, les manifestants ont quitté les lieux après une décision prise à l’unanimité par la trentaine de personnes présentes dans la salle de réunion, toutes déçues des mesures actées ce matin en conseil des ministres. Il a appelé à une mobilisation vendredi à la préfecture.

Un conseil des ministres sans surprise

Le Conseil des ministres a acté mercredi matin le plan d'urgence d'un peu plus d'un milliard d'euros en faveur de la Guyane, qui fera l'objet d'un "groupe de suivi". À Paris, François Hollande a affirmé que face au conflit social qui paralyse la Guyane depuis deux semaines, le gouvernement devait à la fois faire preuve de "dialogue" et de "responsabilité", a rapporté Stéphane Le Foll. Soulignant "le travail qui a été fait" par Matthias Fekl, le ministre de l’Intérieur, et Ericka Bareigts, la ministre des Outre-mer, le chef de l'Etat "a salué leur courage face à des moments où l'intimidation a(vait) pris le pas sur le dialogue", a indiqué le porte-parole du gouvernement.

La ministre des Outre-mer a précisé qu'une aide de 500 millions d'euros était prévue pour la collectivité territoriale de Guyane, sur le plan d'urgence d'un milliard d'euros annoncé samedi à Cayenne. Elle a indiqué que les "428 propositions du collectif" guyanais avaient "été travaillées en totalité" et que le plan gouvernemental y répond "à hauteur de 75%".

"Nous ne souhaitons pas engager l'Etat sur des mesures qui n'auraient pas demain de réalité", a souligné Ericka Bareigts sur le perron de l'Elysée, après avoir détaillé avec le ministre de l'Intérieur et la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, les mesures du plan en faveur de la sécurité, l'éducation ou la santé. Bernard Cazeneuve a annoncé de son côté dans un entretien au quotidien régional France-Guyane qu'un "groupe de suivi" va être mis en place en Guyane pour "poursuivre les discussions" sur le plan d'aide.

Quand on voit les annonces du gouvernement, on voit bien qu'il est insensible aux souffrances de la population donc on ne peut pas en rester là."
Gauthier Horth, membre du collectif











Un mobilisation à Paris

À 8h, avant le Conseil des ministres, une cinquantaine de Guyanais s'est retrouvée à la station Miromesnil, toute proche du Palais de l'Élysée, à l'appel des 500 frères. Les manifestants ont été reçus au ministère des Outre-mer. A la sortie, ils ont affirmé qu'il n'y avait "pas de limite de montant". "Ce n’est plus une question de budget, il faut régler les problèmes de la Guyane, explique Yvane Goua, représentante des collectifs des 500 frères et de Trop Violans. Tous les sujets non traités sont encore à l’ordre du jour." à savoir les mesures qui touchent à l'éducation et la santé, principalement. Pour suivre l'avancée des travaux, deux nouvelles réunions sont planifiées jeudi et vendredi avec les directeurs de cabinets de plusieurs ministres. 


'La situation est figée'

Le collectif "Pou Lagwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), qui pilote le mouvement de protestation, avait exigé dimanche 2,5 milliards d'euros "tout de suite". Il demande désormais 3,1 milliards d'euros. "Nous voulons que les mesures qui sont prises aujourd'hui soient des mesures réalisables, financées et qui seront réalisées", a répété la ministre, alors qu'une trentaine de personnes occupaient toujours, au moment du Conseil des ministres,  le CSG à Kourou.

"Qui veut des croissants, bien chauds ? Ils sont à l'entrée là-bas. Mais ils ne veulent pas les laisser rentrer", pestait Rodolphe Alexandre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, après une  nuit passée dans des conditions spartiates. Il fait partie des élus locaux enfermés dans le centre, avec le sénateur Antoine Karam (PS), l'ancien ministre Léon Bertrand (LR), le député Gabriel Serville (PSG) et le maire de Kourou François Ringuet.

Alors que les autorités avaient dans un premier temps refusé que de la nourriture soit livrée depuis l'extérieur aux occupants, des portions de riz et de poulet leur ont été nuitamment apportées. Certains, vu la petitesse des quantités, ont toutefois préféré le jeûne. "Nous ne bougerons pas d'ici. La situation est figée, la Guyane est bloquée. Vous êtes bloqués. Nous voulons les milliards que nous avons demandés", a affirmé Manuel Jean-Baptiste, un membre du collectif, s'adressant à Didier Faivre, directeur du CSG.

M. Faivre, qui avait accepté mardi de recevoir la délégation alors que plusieurs milliers de manifestants se dirigeaient vers le CSG pour affirmer leur "détermination", était revenu quelques heures plus tard, informant la délégation que le président du CNES allait se rendre en urgence à Paris pour rencontrer des ministres, avant de rentrer en Guyane jeudi. "Eh bien on restera là jusqu'à jeudi", avait alors lancé Olivier Goudet, le porte-parole des "500 frères".