Le fonds d’investissement français du secteur de la transition énergétique (fonds Meridiam Transition) a acquis 60 % du projet Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG), développé par la société HDF Energy. Il prévoit une centrale solaire de 55 MW couplée à une importante capacité de stockage d’électricité via l’hydrogène.

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Plus fort que Tesla en Australie

Cette réalisation sera la plus grande centrale électrique au monde stockant les énergies renouvelables via l’hydrogène, ont annoncé les partenaires mercredi 12 septembre à Paris. Meridiam va donc participer à son financement et son développement. « On a choisi volontairement Meridiam » parce que leur « expérience dans l’accompagnement de projets nous a particulièrement plu mais aussi leur intérêt pour le développement durable des Outre-mer », a expliqué à des journalistes le PDG de HDF Energy, Damien Havard. « On a su travailler je crois avec tous les acteurs politiques locaux concernés, mais aussi avec l’administration et avec EDF et nous allons continuer à le faire avec la population. Le projet guyanais est une vitrine internationale puisque des projets comme celui-ci n’existent pas aujourd’hui dans le monde. Il y a un engouement pour le projet CEOG qui est écologique, responsable et qui va créer des emplois et avoir une audience internationale ».


Meridiam pour les Outre-mer

Le fonds d’investissement français Meridiam a été créé en 2005 par l'ingénieur et gestionnaire martiniquais Thierry Déau. Il se donne comme objectif le développement, le financement et la gestion de projets d’infrastructure publique à long terme. "Les régions françaises d’Outre-mer sont des territoires stratégiques et innovants" indique Sandra Lagumina, directeur général en charge de la gestion d'actifs de Meridiam.
 

Energie non polluante

La centrale solaire, d’une capacité de 55 mégawatts, doit être installée sur la commune de Mana, près de Saint-Laurent du Maroni, au nord de la Guyane, un territoire français qui connaît une très forte croissance démographique, où l’électricité est encore assurée pour près de moitié par les énergies fossiles comme le fioul. "C'est une centrale électrique qui a les mêmes performances qu'une centrale classique thermique... sauf qu'elle n'émet pas de gaz à effet de serre, pas de pollution particulière, n'a pas besoin de logistique d'approvisionnement en carburant ou en combustible et elle est moins chère", a souligné Sylvain Charrier, directeur du développement outre-mer de HDF qui poursuit : « La centrale électrique de l’Ouest guyanais servira aussi de référence pour le développement de projets comparables dans les Caraïbes et en Amérique du sud, cette centrale sera notre vitrine mondiale, un symbole de l’excellence française dans le secteur des énergies renouvelables ».
 

Une centrale intégrée et durable

L’innovation majeure, développée par l’entreprise girondine HDF Energy, est d’associer à cette centrale un stockage de courant à base d’hydrogène d’une taille de (140 mégawatt heures (MWh)) qui sera une première mondiale pour cette technologie, complété par un stockage d’appoint par batteries lithium. L’hydrogène est produit par électrolyse de l’eau grâce au courant produit par la centrale et qui n’est pas envoyé sur le réseau. Il peut ensuite de nouveau être transformé en électricité en cas de besoin, par exemple la nuit, lorsqu’il n’y a plus de soleil pour alimenter la centrale. L’hydrogène permet de stocker du courant sur une plus longue période que les batteries lithium-ion. Actuellement, le stockage de batteries le plus important est celui installé par l’américain Tesla en Australie, d’une capacité de près de 130 MWh.

"La centrale de Mana sera entièrement intégrée, l’énergie primaire, photovoltaïque va être récupérée utilisée dans un électrolyseur qui lui va casser la molécule d’eau, va récupérer l’hydrogène qui sera stocké dans des bouteilles sous pression. Quand le réseau électrique en aura besoin, on va recombiner l’hydrogène stocké avec l’oxygène de l’air pour en faire de l’électricité et de la vapeur d’eau".

Vivre et travailler en Guyane

La CEOG, qui nécessite un investissement de 90 millions d’euros, doit permettre d’alimenter 10.000 foyers guyanais à partir de l’automne 2020, si le projet ne connaît pas de retard. La construction de la centrale mobilisera une centaine de personnes, puis une trentaine d’emplois seront nécessaires à son fonctionnement. Tous ces emplois seront assurés par des guyanais qui bénéficieront, si nécessaire, de formations adaptés assure HDF Energy.

Selon son promoteur, la centrale électrique solaire (CEOG) fournira de l’énergie stable et assurera près de 50 % des besoins de l’Ouest guyanais. Elle ne bénéficiera pas de subventions et sera 20 % à 30 % moins cher que l’actuel coût de production dans l’Ouest guyanais. Pour l’heure, la société s’apprête à déposer un dossier d’Autorisation environnementale unique afin d’obtenir le feu vert des autorités.

Le projet CEOG s'inscrit dans le cadre du développement de la région de Saint-Laurent-du-Maroni. Deux autres projets distincts sont à l'étude. Un terminal portuaire en eau profonde et le projet minier controversé de la Montagne d'Or.