Guyane : des élus appellent à naturaliser certains Hmongs exclus de la nationalité française

Ndoua Siong
© Jocelyne Helgoualch | Ndoua Siong joue de l'instrument traditionnel Khene

Ils sont arrivés en Guyane en 1977. Environ un millier de réfugiés politiques Hmong vivent sur le territoire, mais ils sont une vingtaine à ne pas avoir la nationalité française.
 

La1ère.fr (avec Guyane La1ère et AFP) Publié le , mis à jour le

Malgré leur présence en Guyane depuis plusieurs décennies, certains Hmongs y étant arrivés en 1977 n'ont toujours pas obtenu la nationalité française, en dépit de plusieurs demandes, une situation dénoncée par plusieurs élus, qui ont décidé de leur venir en aide.
 

Un millier de réfugiés Hmong

Environ un millier de réfugiés politiques Hmong, qui fuyaient le régime communiste du Laos, ont été accueillis en Guyane à partir de 1977. Ils représentent aujourd'hui 2% de la population guyanaise, et sont les premiers cultivateurs du territoire.
 

Pas de nationalité française

La chaîne Guyane La1ere a récemment révélé qu'une partie de ces premiers arrivants (une vingtaine environ) n'ont toujours pas obtenu la nationalité française, malgré plusieurs demandes, au motif le plus souvent que leur connaissance de la langue française était insuffisante. Certains ont également évoqué la difficulté à obtenir leur acte de naissance au Laos.

Regardez le reportage de Guyane La1ère : 
 

"Une situation déchirante"

"Les enfants et petits-enfants issus de cette immigration ont aujourd'hui la nationalité française et participent activement à la vie de la cité", a souligné le sénateur LREM de Guyane Antoine Karam, dans un courrier au ministre de l'Intérieur pour attirer son attention "sur la situation déchirante de ces Hmongs de Guyane".

"A l'heure où nous nous efforçons à mieux prendre en compte le plurilinguisme des sociétés ultramarines dans le système éducatif, peut-être serait-il pertinent - ou simplement juste - de mieux prendre en compte cet aspect dans l'évaluation des demandes de naturalisation", a-t-il insisté.
 

Le village de Cacao

Pour le député LREM Lenaïck Adam, qui s'est rendu au village de Cacao (est de Cayenne), où vit une grande partie de cette communauté, "l'argument du français ne doit pas être mécanique, ni automatique, il faut avoir des considérations tant au niveau de l'histoire, tant au niveau des différentes situations". "Il faut avoir un peu d'humain dans tout ça", a-t-il déclaré sur Guyane La 1ere.

Regardez ci-dessous le reportage de Guyane La1ère :
 

Quelles conditions ?

Pour que sa demande de naturalisation soit recevable, le postulant doit remplir plusieurs conditions, rappelle le ministère de l'Intérieur sur son site internet : résider en France de manière habituelle et continue depuis 5 ans, être de bonne vie et moeurs (c'est-à-dire ne pas avoir subi certaines condamnations), être assimilé à la société française "par une connaissance suffisante de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, des droits et devoirs conférés par la nationalité française, ainsi que par l'adhésion aux principes et valeurs essentiels
de la République française".