La récolte cannière 2017 se fera sans la CUMA Avenir, dans le nord Basse-Terre

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© P. Labéca

Cette coopérative d’utilisation de matériel agricole, basée à Sainte-Rose (et créée fin 1990), vient de perdre son agrément. Il lui a été retiré par le HCCA, le Haut Conseil à la Coopération Agricole.

FJO avec J. Champion, A. Robin et Ph. Grenié Publié le , mis à jour le

Le Haut Conseil à la Coopération Agricole avait réalisé en septembre (à la demande de la DAAF, la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) un audit sur la situation économique et juridique de la CUMA, traversée par de nombreux remous depuis plusieurs mois. Et le rapport confirme des « dysfonctionnements et anomalies récurrents » : « La Cuma Avenir ne pourra être sauvée ». C’est ce que conclut le rapport du HCCA. Les auteurs n’ont pu examiner l’état financier de la coopérative depuis 2013, tout simplement parce que depuis cette année-là, les comptes n’ont jamais été approuvés en assemblée générale !
Or, dès 2012, la Cuma est dans le rouge, et les rapporteurs s’interrogent sur l’absence de déclenchement d’une procédure d’alerte par le commissaire aux comptes. Le chiffre d’affaires n’a cessé de chuter, alors que les dettes, elles, s’accumulent, y compris envers le personnel. Il y a aussi toutes ces irrégularités : décisions prises sans l’aval des adhérents ou du conseil d’administration, pour verser des indemnités à la présidente par exemple ; ou pour vendre dernièrement, une partie des bâtiments de la Cuma au groupe Pirbakas, qui les louait pour fabriquer son jus Kanasao.
C’est pour dénoncer ces agissements que les administrateurs avaient démissionné en bloc, il y a quelques mois, obtenant le départ de Mauricia Rangassamy. Mais « malgré la tentative de reprise en main de la Cuma par une nouvelle équipe (*), indique le rapport, sa continuité est très compromise ». Le Haut Conseil propose deux pistes, pour maintenir dans la zone une structure coopérative :
- le rapprochement avec la petite Cuma Le Comté (l’unique autre Cuma du nord Basse-Terre). Rebaptisée Nouvel Essor, elle vient d’ailleurs d’obtenir une extension de son territoire d’intervention.
- la création (après liquidation de la Cuma Avenir) d’une nouvelle coopérative.
Mais dans les deux cas, il faudra un soutien financier fort pour acquérir du matériel de récolte. Dans l’immédiat, pour la campagne 2017, les planteurs adhérents de la Cuma Avenir (135 inscrits, dont 80 actifs) vont devoir se tourner vers les autres opérateurs de coupe de la place : Le Comté, ou les ETA : entreprises privées de travaux agricoles.

VOIR : 

 

* rappelons qu’en décembre, Jean-Marie Biras, élu à la tête de la Cuma, puis exclu de la coopérative, a déposé, auprès du Proc de la Rép de PàP, une plainte pour faux et usage de faux, escroquerie et diffamation, contre Philippe Rangassamy, le fils de l’ex-présidente, qui assurait depuis 2013 une mission d’assistance technique auprès d’elle