La politique de lutte contre la vie chère en Outre-mer doit être "une priorité nationale" selon Annick Girardin

Annick Girardin
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"Dans certains cas, rien de rationnel ne semble pouvoir expliquer les différences de prix entre les productions Outre-mer et les produits importés" dans les territoires ultramarins, a souligné lundi la ministre des Outre-mer Annick Girardin, en présentant ses priorités en matière économique 2019.

Guadeloupe La 1ère avec AFP Publié le

Lors des voeux de la Fédération des entreprises d'Outre-mer (Fedom), la ministre a notamment insisté sur le "pouvoir d'achat", qui "mérite une réponse forte adaptée aux enjeux de chaque territoire", quelques semaines après un mouvement des "gilets jaunes" qui a bloqué pendant plus de quinze jours l'île de la Réunion.
 

La lutte contre la vie chère, une priorité nationale             

Elle a rappelé avoir proposé que des citoyens réunionnais soient tirés au sort pour participer à l'Observatoire des prix, des marges et des revenus. "Il n'y a pas toujours un loup partout, il faut qu'on puisse le démontrer".                  
Mais "certains secteurs interrogent malgré tout", a-t-elle reconnu. La ministre a demandé à l'Autorité de la concurrence de rendre un avis sur "le fonctionnement des marchés d'importation et de distribution des produits de grande consommation en Outre-mer". Cet avis sera rendu "au premier trimestre 2019". 
Selon elle, la politique de lutte contre la vie chère en Outre-mer doit être "une priorité nationale". Un délégué interministériel à la concurrence a été nommé pour se rendre dans chacun des territoires.   
 

Réflexions autour de l'octroi de mer                

Annick Girardin a souligné qu'il ne pouvait plus y avoir d'aides économiques pour les entreprises "sans contre-partie" en matière d'emploi. Elle a rappelé avoir demandé la mise en place à La Réunion d'un "compteur emploi" pour rendre compte "en toute transparence" des emplois créés.                  
La ministre a également promis une réflexion sur l'octroi de mer, cet impôt spécifique aux Outre-mer souvent considéré comme responsable de la hausse des prix, et un "travail en profondeur sur les délais de paiement", jugés trop handicapants pour les petites entreprises, qui attendent parfois plusieurs mois le paiement des factures des collectivités.            
Des préoccupations également remontées par le président de la Fedom, Jean-Pierre Philibert, qui a aussi insisté sur la question du logement. "Il faut rénover l'habitat insalubre, qui est majeur en Outre-mer, et construire du logement social", a-t-il insisté.
                  
Annick Girardin lance jeudi une grande conférence sur le logement Outre-mer.