La réponse du gouvernement aux manifestations de lycéens et d'étudiants

Lycéens de providence
Vendredi, autour du lycée Providence

Le Premier ministre, Manuel Valls, a présenté, ce matin, une série de mesures pour favoriser l'insertion des jeunes sur le marché du travail. A l'instar du mouvement des lycéens dans l'Hexagone, plusieurs lycées de Guadeloupe avaient été touchés par la contestation en fin de semaine dernière

François-Joseph Ousselin
Publié le , mis à jour le

L'objectif est de rassurer les mouvements de gauche mobilisés contre le projet de loi travail depuis plus d'un mois, comme l'Unef, l'UNL, le SGL et la FIDL. 

La prolongation des bourses pour quatre mois maximum

Parmi ces mesures figurent la prolongation des bourses accordées aux jeunes d'origine modeste. Les titulaires d'un CAP, d'un baccalauréat professionnel, d'un BTS, d'un DUT, d'une licence, d'un master ou d'un diplôme d'ingénieur qui étaient boursiers pendant leurs études pourront demander la prolongation de leur bourse, après avoir décroché leur diplôme et en attendant de trouver un emploi.

D'une durée de quatre mois maximum, cette nouvelle Aide à la recherche d'un premier emploi (ARPE) démarrera dès la rentrée 2016 et sera donc versée de septembre à décembre. Matignon estime à 126 000 le nombre de bénéficiaires potentiels, pour un coût de 130 millions d'euros par an.

Le gouvernement fait également un geste sur les bourses classiques. Celles des lycéens d'origine modeste seront revalorisées –pour la première fois depuis 1992– de 10%, à 697 euros par an en moyenne par jeune. Les étudiants actuellement boursiers en "échelon 0" (gratuité des frais d'inscription dans les facs) passeront tous à "l'échelon 0 bis", qui alloue 1 000 euros par an. Les "décrocheurs" de 16 à 18 ans qui reprennent leur scolarité recevront, eux aussi, 1 000 euros, mais une fois seulement.

Une taxation plus lourde des CDD

Jusqu'à présent, la taxation plus lourde des CDD, via les contributions patronales à l'assurance-chômage, était optionnelle. Elle sera désormais obligatoire, mais c'est aux partenaires sociaux de définir le barème et le champ d'application de cette "surcotisation", précise Matignon, qui estime cette mesure "cohérente" avec l'assouplissement des conditions pour mettre fin à un CDI prévu par la loi Travail.

2 000 places supplémentaires dans les BTS

Le gouvernement a également prévu 2 000 places supplémentaires par an en STS (dont le diplôme est un BTS), pendant cinq ans, notamment dans les spécialités "en lien avec les métiers d'avenir". Cette mesure est destinée plus particulièrement aux bacheliers professionnels qui souhaitent poursuivre des études et pour lesquels la voie STS est la plus appropriée.

Malgré des quotas appliqués dans plusieurs académies, les bacheliers pro passent encore très souvent après les titulaires de bacs généraux ou technologiques. 

Des quotas réservés aux bacheliers des filières technologiques seront aussi fixés dans les IUT (dont le diplôme est un DUT).

Une amélioration de la rémunération et des droits des apprentis

Les apprentis ne sont pas oubliés. Une amélioration de leur rémunération et de leurs droits est au programme, dans le cadre d'une concertation avec les partenaires sociaux. Sans attendre, l'Etat prendra à sa charge une augmentation des minimas salariaux légaux des jeunes de 16 à 20 ans au 1er janvier 2017. Le coût supplémentaire pour les employeurs sera "entièrement compensé par l'Etat", qui consacre à cette mesure une enveloppe de 80 millions d'euros.

Un droit à la garantie locative

Enfin, le gouvernement veut instaurer un dispositif unique de droit universel à la garantie locative pour tous les jeunes de moins de 30 ans. Une mesure dont le coût est estimé à 100 millions d'euros par an.

Voir le reportage France 2 :
 

 

(Source FranceTV Info)

Le concept « Nuit Debout » ne semble guère rassembler, en Guadeloupe. Né il y a une dizaine de jours, sur la Place de la République, à Paris, dans le cadre des manifestations contre le projet de loi travail, la loi « El Komri », ce mouvement prend de l'ampleur dans l'Hexagone… et le Parti de Gauche Guadeloupéen a souhaité l’étendre à notre archipel. Un appel à la mobilisation a été lancé, samedi soir, sur l'esplanade du Crous, sur le campus de Fouillole. Mais pour ce premier rendez-vous, ils étaient peu nombreux à répondre présents. Un peu plus d’une dizaine seulement, pour assister aux projections de films engagés et aux prises de parole…