André Guyon devant le tribunal correctionnel pour le saccage en septembre 2017 de terres agricoles

Belle Plaine Sainte Rose

André Guyon, le président du dénommé « Syndicat agricole des petits planteurs de Cadet Sainte-Rose » devait comparaître devant la justice ce matin, pour le saccage en septembre 2017 de terres agricoles à Belle-Plaine Sainte-Rose. L'affaire a été renvoyée au 25 octobre prochain.

J. Champion Publié le , mis à jour le

Des années de travail et des dizaines de milliers d’euros d’investissement anéantis en quelques coups de bulldozer… C’est ce qu’a vécu Jean Descieux il y a près de deux ans. Pour étendre son exploitation, cet agriculteur sainte-rosien avait obtenu en 2012 un lot de 7 hectares, sur le Groupement Foncier Agricole Belle Goyave, situé section Belle-Plaine. Une terre qu’il a fallu défricher, dérocher, amender, pour y planter canne, banane et arbres fruitiers. En septembre 2017, le dimanche après le passage de Maria, sa parcelle de canne de plus d’1 ha est envahie et détruite. « Ils étaient au moins une cinquantaine », diront les témoins. Aux plaintes déposées par l’exploitant, les agresseurs répondent par des menaces de mort. Et une nouvelle attaque, une semaine plus tard, en pleine nuit : elle vise cette fois les plantations de banane, qui redémarraient tout juste après le cyclone. 3 hectares réduits à néant. Plus de 400 000 € de pertes, 50 000 pour le système d’irrigation, totalement déchiqueté lui aussi. Et plus aucune production depuis, puisque les terres, revendiquées par l’organisation d’André Guyon, sont occupées, morcelées en lots de 1000 m2 ; un chemin d’accès a été créé.

André Guyon et ses enfants sont poursuivis par deux exploitants agricoles, la Chambre d’agriculture et la SAFER

La Chambre d’agriculture a donc également porté plainte, en tant que gérante du GFA propriétaire du foncier, qui exige la remise en état du terrain agricole. 
Autre plaignant, le voisin de Jean Descieux : les bulls des assaillants ont terrassé ses 4 ha plantés en canne, sur un foncier appartenant cette fois à la SAFER ; celle-ci en demande la libération, et réparation pour dégradation de terre arable. 
André Guyon nie toutes ces destructions. L'affaire a été renvoyée au 25 octobre prochain.
Parallèlement à ce procès au pénal, une procédure civile est en cours. Après une première décision favorable au président du Syndicat, la cour d’appel de Basse-Terre doit se prononcer le 24 juin.