Les acteurs du risque

Les acteurs du risque

Les services aptes à intervenir, en cas de risque majeur, sont pluriels. Ces partenaires sont issus de services publics et privés, coordonnés, au niveau départemental, chaque fois que les circonstances l’exigent, par la préfecture.
 

Nadine Fadel
Publié le , mis à jour le

Certains acteurs du risque agissent en amont, pour anticiper la(les) menace(s) ; ils étudient, surveillent, expérimentent, informent et élaborent des procédures.
D’autres entrent en action, pendant l’évènement, pour accompagner, sécuriser et limiter les éventuels dégâts.
Enfin, quand l’évènement est passé, l’heure est au bilan, au secours aux victimes, au déblaiement et, parfois, à la reconstruction ; c’est l’affaire d’une troisième vague d’intervenants.

Tour d’horizon de ceux qui œuvrent, en matière de risques majeurs, au bénéfice des personnes, des biens et de l’environnement :
 

L’ETAT ET LES COLLECTIVITÉS


Le maire et le préfet sont en première ligne, en matière d’identification des risques majeurs et d’amélioration des connaissances de ces phénomènes. Ces Institutions se partagent également la responsabilité de la prévention, via notamment la gestion de l’urbanisme et de l’aménagement des sols. Idem, quant à l’information de la population.

Il appartient au maire de mener les travaux de protection collective, sur la voie publique (élagage des arbres, mise en état des voiries et réseaux, vérification des infrastructures, etc.), mais aussi d’alerter, d’informer et d’évacuer les administrés.
C’est également lui qui est en première ligne dès que la population et les biens nécessitent d’être protégés.

Des compétences (obligations) qui peuvent être transférées au président de l’intercommunalité (Communauté de communes ou communauté d’agglomération).

Le préfet, quant à lui, prend les rennes, dans les situations suivantes :
  • Le maire ne maîtrise plus la crise ;
  • Le maire fait appel au préfet ;
  • Le maire ne prend pas les mesures nécessaires ;
  • L’évènement concerne plusieurs communes ;
  • L’événement nécessite le déclenchement d’un dispositif ORSEC.
Sur le devant de la scène : le SIDPC. Le Service interministériel de défense et de protection civile a notamment en charge l’élaboration des plans (ORSEC, Plans particuliers d’intervention…), l’analyse des risques majeurs et la mission prévention. Ce service préfectoral tient à jour l’annuaire opérationnel.

Lorsque la crise est passée, préfecture et municipalités doivent en tirer tous les enseignements permettant d’améliorer la prévention.
 

Retrouvez, ici, l'interview du préfet de la Guadeloupe, Philippe GUSTIN :
"RISQUES MAJEURS/ La préfecture sur le devant de la scène"

Région et Département, régulièrement, prennent part aux opérations, notamment post-catastrophe, pour venir en aide aux sinistrés, bien que la gestion des risques majeurs ne soit pas au rang de leurs missions et compétences.
Par ailleurs, la Région Guadeloupe joue un rôle significatif, en investissant dans des équipements et infrastructures de prévention (notamment des capteurs de tsunamis) et en tant que chef de file des dispositifs de financements européens, qui bénéficient à divers projets, dont ceux de prévention des risques et de gestion de crise.
 

LES AUTRES ACTEURS, INSTITUTIONNELS, PRIVÉS ET ASSOCIATIFS


Pas question, ici, de hiérarchiser les services par ordre d’importance. Chaque pierre à l’édifice consolide les fondations. Nous optons, donc pour l’ordre alphabétique !

L’ARS
L’Agence régionale de santé de la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy délivre toutes les informations sanitaires, consécutives à un évènement majeur. Des impacts qui peuvent prendre la forme de menaces vectorielles. Par exemple, après le passage d’un cyclone, l’accès à l’eau potable est souvent compliqué. De telles circonstances peuvent aussi nécessiter la mise en place d’un réglementaire « dispositif de prévention des maladies vectorielles et de la leptospirose ». A charge aussi à l’ARS d’instaurer un système de surveillance épidémiologique réactif, adapté au contexte.
guadeloupe.ars.sante.fr/

Le BRGM
Le Bureau de recherches géologiques et minières participe à la mesure des conséquences du changement climatique, sur les Antilles françaises. Il conduit plusieurs études sur la connaissance des différents aléas et participe à la réalisation des documents de prévention et de gestion de crise.
brgm.fr/regions/reseau-regional/guadeloupe

Les bureaux d’études
C’est de la connaissance des risques, que naissent les bonnes stratégies de prévention et de gestion ! Les experts des bureaux d’études ont, donc, un rôle important à jouer, pour parfaire les savoirs des autorités décisionnaires, en matière de spécificités locales (caractéristiques géographiques, géologiques, climatiques, etc.), de normes adaptées à nos territoires (construction, aménagement, urbanisme...) et de menaces qui pèsent sur nos îles. Ces partenaires privés analysent les données des évènements passés, élaborent des scénarios prévisionnels, ou encore contribuent à des exercices de simulations, en situation réelle.

Le CAUE
Le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement est un organisme d’intérêt public, appelé notamment à informer et accompagner les populations, sur le point de construire, dans la prise en compte des risques naturels.
caue971.org/

Le CDSA
Le Centre de données sismologiques des Antilles a pour mission le traitement et la mise à disposition du public d'informations techniques et scientifiques, concernant l'activité sismique, dans l'archipel des Petites Antilles.
seismes-antilles.fr

La DEAL
Parmi ses orientations stratégiques, la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement, doit développer une culture du risque, renforcer la maîtrise du risque, ou encore mobiliser, organiser les connaissances existantes et développer de nouvelles expertises. Organisme de l’Etat, la DEAL est en première ligne, sur les questions de prévention des risques et de gestion de crise.
guadeloupe.developpement-durable.gouv.fr
 

Retrouvez, ici, l'interview du Directeur de la DEAL Guadeloupe, Jean-François BOYER :
"La DEAL évalue le niveau de risque

Météo France
La référence, en matière d’information météorologiques et climatologiques, c'est bien sûr Météo France. C’est sur la base des prévisions de ses météorologues (phénomène en cours, activité cyclonique en temps réel, visualisation des trajectoires, bulletins d’analyses), que la préfecture déclenche les alertes cycloniques. Sur le site Internet de l’antenne régionale de Météo France, figurent les animations météo satellites des dernières 24 heures et, toutes les 3 heures, les animations radar.
meteofrance.gp/
 

Retrouvez, ici, l'interview du Responsable du Centre Météorologique de Guadeloupe, Thierry JIMONET :
"Météo France veille au grain"

L’OVSG-IPGP
L’Observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe / Institut de physique du globe de Paris a pour mission de surveiller l’activité volcanique de la Soufrière de Guadeloupe et la sismicité régionale, de favoriser et participer aux travaux de recherche et de contribuer à l’information préventive.
www.ipgp.fr/fr/ovsg/observatoire-volcanologique-sismologique-de-guadeloupe
 

Retrouvez, ici, l'interview du Directeur de l'OVSG-IPGP, Roberto MORETTI :
"Volcanologie et sismicité : double mission pour l'OVSG-IPGP"

Routes de Guadeloupe
Le syndicat mixte Route de Guadeloupe, créé à l’initiative du Département et de la Région, gère, améliore entretient et sécurise les plus de 1000 kilomètres de routes de l’archipel. Un domaine qui comprend la chaussée, mais aussi les accotements, l’éclairage public, ou encore les panneaux de signalisation routière. En cas de sinistre, la remise en état de ces équipements est également à sa charge. De ce fait, avant et après un évènement naturel majeur, ses équipes ont fort à faire, pour permettre la libre circulation des personnes.
routesdeguadeloupe.fr

Le RSMA
Quand le risque devient catastrophe – comme cela a été le cas en septembre 2017, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, lors du passage de l’ouragan Irma – il n’y a jamais assez de bras pour déblayer les décombres, permettre la mise à l’abri des sinistrés et éviter tout sur-incident. Les jeunes militaires du Régiment du service militaire adapté contribuent à ces opérations, aussi périlleuses qu’indispensables. En raison de leur implication, dans les îles du Nord, ils ont d’ailleurs été mis à l’honneur, le 14 juillet 2018, sur les Champs Elysées.
rsma.gp

Le SDIS
Sans conteste, le Service départemental d’incendie et de secours est un acteur incontournable de la gestion de crise, lors d’un évènement majeur, comme dans toute autre situation à risque. Les sapeurs-pompiers secourent les personnes, sécurisent les lieux et protègent les biens.

La société civile
Nombre d’associations mobilisent leurs troupes pour prêter main forte, soit aux autorités avant, pendant et après la crise... soit aux sinistrés, dont certains se retrouvent entièrement démunis. De véritables chaines de solidarités s’organisent ; malheureusement, parfois, de manière non contrôlée, ce qui peut nuire à leur efficacité.
Voici trois organisations, parmi d’autres, dont l’action est ciblée et adaptée aux besoins :
 
  • Les bénévoles de la Croix Rouge Françaises sont très souvent parmi les premiers, à venir en aide aux sinistrés. Cette association indépendante, reconnue d'utilité publique depuis 1945, agit aux côtés des pouvoirs publics, lors de situations d'exceptions nécessitant des moyens humains et logistiques importants. Elle se fait aussi médiatrice, entre les personnes assistées et les services compétents de l'Etat, des municipalités et des organismes spécialisés. pirac.croix-rouge.fr
  • Chaque année, depuis 2011, la Caraïbe vit au rythme de l’exercice de simulation « Carib Wave » d’alerte tsunami, porté par l’UNESCO. Y contribuent activement les bénévoles de l’association HAND. Des « Hackers against natural disaster » qui, grâce à la mise en place de dispositifs techniques (radio, hotspots, émetteurs résilients, etc.), créent un véritable centre opérationnel, à la disposition des autorités. HAND permet d’agir avant et post-crise, en mobilisant des compétences techniques numériques très larges. hand.team
  • En juillet 2017, la préfecture de la Guadeloupe a signé une convention avec l’association VISOV (Volontaires internationaux en soutien opérationnel virtuel) qui permet, en cas de crise, de faire remonter et de hiérarchiser les informations qui circulent sur les réseaux sociaux. Ainsi, en cas d’événement majeur, les bénévoles de VISOV appuient les services de l’État dans la remontée d’informations, issues des réseaux sociaux, en les archivant et en les cartographiant. Ils aideront également à élargir la diffusion des messages de sécurité, à la population, sur la toile, à y détecter les rumeurs, mais aussi relayer les appels à la solidarité. visov.org
Les universitaires
  • Profondément ancrée dans son environnement, l’Université des Antilles participe pleinement à la connaissance des risques majeurs qui menaces nos îles. Les chercheurs de l’UA contribuent également à l’éducation des populations, en promouvant la culture du risque, ou encore par de l’information préventive.
  • D’autres universitaires contribuent activement à l’information et l’accompagnement des populations Antillaises, face au risques. L’UMR GRED (Université Paul Valéry Montpellier 3 & IRD), notamment, porte le projet EXPLOIT, pour « EXPLOItation et Transfert vers les collectivités des Antilles françaises d’une méthode de planification des évacuations en cas d’alerte tsunami ». Il s’agit d’un projet scientifique, au service de la prévention du risque tsunami, auquel sont exposées 180 000 personnes aux Antilles françaises. Il concerne les 31 communes littorales de la Guadeloupe et 27 de la Martinique, ainsi que les collectivités de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Des territoires cartographiés, avec identification des zones sensibles et des refuges possibles. Des plans d’évacuation détaillés et des consignes sont délivrés. https://exploit.univ-montp3.fr/


Pour ne citer que ceux-là !