Deux exorcistes guadeloupéens jugés dans l'Essonne

Symbole de la justice
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Quatre personnes : 2 guadeloupéens et 2 martiniquais sont accusés de séquestration et de tentative d'exorcisme sur une jeune camerounaise. Les faits remontent à mai 2011. Ils sont jugés depuis hier et jusqu'à vendredi.

Nicolas Ledain Publié le , mis à jour le

Des faits sordides

Tout s’est déroulé durant une semaine du mois de mai 2011. Sept jours de calvaire pour Antoinette, cette jeune camerounaise de 19 ans installée en région parisienne. Elle avait rencontré les quatre « exorcistes » à l’église des adventistes du 7è jour qu’ils fréquentaient. Le groupe était composé de deux martiniquais, Eric Deron, présenté comme le leader et Lise Thérèse Babin, sa mère, et de deux guadeloupéens, Philippe Grego et Lionel Fremor. Lorsque la police est entrée dans l’appartement de Grigny où les faits se sont produits, ils ont découvert la jeune camerounaise ligoté en position du christ sur la croix, elle était sur un matelas posé sur le sol. Antoinette n’avait rien mangé ni bu depuis une semaine si ce n'est un mélange d'huile et d'eau. Elle avait aussi été scarifiée et battue. C’est sa famille qui a alerté les forces de l’ordre. Les quatre antillais prétendaient avoir tenté de la libérer du diable.

Un groupe inquiétant

Les quatre individus avaient été radiés de l’église adventiste pour leur extrémisme. Ils se revendiquent pourtant de ce mouvement et se disent innocent. Ils affirment que les blessures qui étaient sur le corps de la jeune fille auraient été infligées par le malin. Antoinette avait même donné son accord pour cette séance d’exorcisme. Elle se disait envoûtée par le diable. Les quatre antillais disent qu'elle s'était jetée sur le meneur du groupe en le frappant et en criant des phrases incompréhensibles.
Cela faisait plusieurs mois qu’elle était avec le groupe. Elle était la compagne d’Eric Deron et était très amoureuse du martiniquais. L’appartement dans lequel les faits se sont déroulés avait été leur salle de prière pendant plusieurs mois. Ils y vivaient reclus et sortaient peu du bâtiment.

Cinq jours de procès

Les audiences ont donc démarrés hier devant la cour d’assises de l’Essonne et elles se poursuivent jusqu’à vendredi. Les « exorcistes » sont poursuivis pour arrestation, enlèvement et séquestration avec acte de torture ou de barbarie. Les premiers jours du procès vont servir à examiner la personnalité des quatre antillais. Ils risquent la prison à perpétuité.