L'enseigne polémique "Au Nègre Joyeux" à Paris part pour restauration, avant nouvelle décision

L'enseigne "Le Nègre Joyeux" va devoir quitter sa façade du Ve arrondissement pour entrer au musée.
© SONNET Sylvain / hemis.fr / Hemis | L'enseigne "Au Nègre Joyeux" orne la façade du 14, rue Mouffetard, dans le Ve arrondissement de la capitale.

L'enseigne "Au Nègre Joyeux", objet de polémique car elle rappelle l'esclavage, va être enlevée ce lundi de l'immeuble qu'elle orne à Paris pour être restaurée, avant nouvelle décision sur son futur maintien ou non, a indiqué la mairie de Paris.

La1ere.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le

L'enseigne, dernier vestige d'une ancienne chocolaterie parisienne, va être enlevée ce lundi de la façade du 14, rue Mouffetard, dans le Ve arrondissement, pour être restaurée par les experts du musée Carnavalet, musée de la Ville de Paris. Un historien a dans le même temps été mandaté par la Ville pour "mener un travail d'instruction scientifique et historique sur l'enseigne", a précisé vendredi Véronique Levieux, adjointe chargée du patrimoine auprès de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. Les avis en effet "divergent sur l'enseigne, à la fois sur ses origines ou l'interprétation à en faire", a-t-elle ajouté.

Une discussion suivra la publication du rapport de l'historien, selon l'élue, avec l'option toujours possible du maintien de l'oeuvre sur place, à côté d'une plaque informative. "Tous les éléments n'avaient pas été mis sur la table" lors d'un vote du Conseil de Paris demandant son retrait, selon l'élue.

"Présence insultante et blessante"

L'enseigne de bois surplombe une peinture sur toile qui montre un homme noir tenant un flacon aux côtés d'une femme blanche portant une chocolatière sur un plateau. Seul élément subsistant d'une chocolaterie qui aurait été ouverte en 1748, non signée, elle a été probablement commandée à un fournisseur spécialisé dans ce type de création au XVIIIe ou XIXe siècle.

Le 25 septembre 2017, le Conseil de Paris avait décidé qu'elle serait enlevée pour être déposée au musée Carnavalet, à la demande du groupe communiste qui dénonçait une "présence insultante et blessante" sur l'espace public rappelant les "crimes de l'esclavage". Le Conseil de Paris avait été très partagé sur la question, d'autant que les associations noires ou les historiens sont eux-mêmes divisés. Les associations d'habitants plaidaient pour le maintien de l'enseigne avec une plaque explicative à côté.