Le Ka Fusion de Sly Karembeu et Denis Pourawa

Sly Karembeu et Denis Pourawa dans les studios d'Outremer 1ère à Malakoff
© LGS | Sly Karembeu et Denis Pourawa dans les studios d'Outremer 1ère à Malakoff

En exclusivité pour nos auditeurs et nos internautes, Sly et Denis Pourawa interprètent "Ka Fusion" et " Le rêveur innocent" à Radio Outre-mer 1ère. Les deux artistes kanak se produisent régulièrement à Paris avec le Pacifik Jam Family et seront au "Gambetta Club" ce vendredi 22 mai*.

Louis-Gérard Salcède
Publié le , mis à jour le

"Ka fusion c'est d'abord une recherche, développée en Nouvelle-Calédonie par le guitariste et compositeur kanak Samuel Kitchine dit Palajé (disparu en novembre dernier à 57 ans). "Le terme vient de Ka (de kaneka) et de fusion" nous relate le poète et slameur Denis Pourawa. 

Sur les traces de Palajé, fondateur de Vamaley

Le concept de Ka Fusion signifiait pour Palajé, membre fondateur du mythique groupe Vamaley, l'idée de fusionner le kaneka avec la soul et le jazz. "Il était très imprégné de ses influences américaines qui ont été fortes avec la venue des américains en Nouvelle Calédonie durant le deuxième guerre mondiale", dit-il. Jean-Sylvio Karembeu alias Sly est l'un de ses élèves. Palajé lui a transmis le flambeau. Aujourd'hui Sly et Denis Pourawa poursuivent sur la voie tracée par cet aîné. Avec l'arrivée à Paris en 2014 du guitariste et chanteur Ykson venu de Nouméa, l'idée du Pacifik Jam Family est née.

Live dans les studios d'Outremer 1ère

"Pacifik Jam Family, c'est un partage avec des musiciens de Nouvelle-Calédonie, c'est l'idée du destin commun. Et c'est aussi une ouverture aux musiciens de l'aire Pacifique et du monde entier avec lesquels nous vivons des moments de partage à travers des jams sessions que nous organisons à Paris", explique Sly.
Dans nos studios, Sly et Denis Pourawa interprètent "Ka Fusion" sur une rythmique blues et soul et  "Le rêveur innocent" :


"La petite flamme qui est en nous"

Un duo piano voix, sur un texte écrit par Denis Pourawa : " le rêveur, c'est un clin d'oeil à l'histoire du pays, dit-il. Il a été écrit en référence aux "événements" et le rêveur c'est celui qui continue de rêver malgré les malheurs et les heurts. C'est la petite flamme qui est en nous. C'est le feu de la case, celui aussi de la demeure du corps. Le rêveur innocent est celui qui continue à naviguer entre le chaos du monde, c'est le voyageur clandestin que l'on voit sur les écrans de télévision du monde entier ou que l'on croise au bord des rues. Le rêveur innocent est celui qui continue à naviguer entre le chaos du monde. C'est pour moi, un chant de ralliement et d'ouverture, qui puise sa source dans la pensée du Mwaciri, la demeure, le lieu où l'on peut espérer vivre le mieux". 

Des enfants de Canala

Denis Pourawa et Sly Karembeu, tous deux enfants de Canala, prolongent ainsi en le transformant le message initial du kaneka. Une musique créée sur la base d'instruments traditionnels (battoirs en figuiers, bambous pilonants) kanak alliés à des instruments modernes et qui est née à la suite des "Rencontres tradition et création" organisées par les indépendantistes calédoniens en 1986 à... Canala.

*Gambetta Club : 104 rue de Bagnolet, Paris 20e