A l'affiche cinéma

Présenté par Jean-Marie Chazeau

A l'affiche cinéma

"Voyoucratie" : Sam étonne

Voyoucratie

A l’affiche cette semaine, un film de gangsters, tourné dans les cités du nord-est parisien : « Voyoucratie »… Une production à petit budget mais avec beaucoup de style et, dans un tout petit rôle, un comédien-réalisateur martiniquais...

Jean-Marie Chazeau
Publié le , mis à jour le

L’histoire de Sam, un jeune dealer qui sort de prison… et qui replonge, spirale infernale de celui qui a tout raté dès le début… Il retrouve son ex copine, toxico, qui pendant son incarcération a eu un petit garçon, son fils qu’il n’a pas pu voir grandir. Pourra-t-il remonter la pente ? C’est plutôt mal (re-)parti pour lui car il se voit à nouveau pris dans un véritable engrenage…

Ambiance glauque, anxyogène, mais très stylisée, le rouge du blouson de Sam, éclaire de couleur sang la noirceur du propos comme des lieux, tout se passe souvent la nuit tombée…

Du style

Les auteurs : un duo de jeunes réalisateurs qui se sont rencontrés dans une école de cinéma et qui depuis signe de quatre initiales : FGKO (pour Fabrice Garçon et Kevin Ossona. Et devant la caméra, dans le premier rôle (et il imprime vraiment la pellicule), le comédien Salim Kechiouche, découvert quand il avait 15 ans dans le film de Gaël Morel « A toute vitesse », c’était il y a 20 ans. Depuis, il a notamment brillé au théâtre dans Vie et mort de Pierre Paolo Pasolini, et chez Abdellatif Kechiche dans La Vie d’Adèle et dans le prochain film du cinéaste franco tunisien, "Mektoub my love, canto 1" qui sortira en mars. D'ici là, ne le manquez pas, le 21 février, dans "Corps étrangers" de Raja Amari

Un comédien martiniquais

Dans un tout petit rôle, apparaît Jonas Dinal, acteur martiniquais mais aussi réalisateur de court métrage. Son dernier court : « Plane », a été récompensé au Chelsea Film Festival l’an dernier, en même temps qu’Harry Roselmack et son long métrage "Fractures". Malheureusement dans ce film, Jonas Dinal n’a que deux courtes scènes : dans la première, il dialogue dans l’encadrement d’une porte, dans la seconde, il se fait casser la figure et là... il n’a plus beaucoup de phrases à prononcer…

Des scènes de genre

Le film est d’ailleurs assez violent, très sombre, et au milieu de toute cette noirceur, il joue un peu trop sur la corde sensible en tentant de nous apitoyer avec ce petit garçon que ce père voyou va tenter d’apprivoiser… On est un peu dans le chantage affectif avec le spectateur, car pour le reste, Sam n’a rien de sympathique, et on ne voit pas trop ce qui pourrait le sauver…
Reste un film soigné, avec quelques scènes de genre (qui lorgnent vers Jacques Audiard - on retrouve d'ailleurs un acteur de Un Prophète, Hichem Yacoubi,- mais aussi Brian de Palma ou Nicolas Winding Refn)  bien servies par de très bons seconds rôles, et quelques séquences tournées à l’arrache dans certains "quartiers sensibles". 

Voyoucratie (2016) film français de FGKO, avec Salim Kechiouche, Abel Jafri, Hichem Yacoubi. Durée : 1h24. Sortie mercredi 31 janvier 2018.