L’écrivain guadeloupéen Dominique Lancastre se (dé)livre en poésie

Dominique Lancastre
© DR | Dominique Lancastre

Déjà auteur de plusieurs romans et de nouvelles, l’écrivain Dominique Lancastre publie ce mois-ci un recueil de poésie intimiste et sensible, "Tambours du silence", parsemé de mots amoureux de sa Guadeloupe natale.   

Philippe Triay
Publié le , mis à jour le

Personnel navigant commercial dans une grande compagnie aérienne, romancier et nouvelliste par passion, Dominique Lancastre écrit depuis toujours. Un peu partout. A l’occasion de ses multiples voyages, il griffonne notamment sur des nappes et des serviettes, « en papier », prend-il soin de préciser, « les laissant au petit bonheur la chance d'être lus au moins par les serveurs », s’amuse-t-il.
 

Sensibilité

« J'ai toujours écrit des poèmes, déjà adolescent je m'exerçais à ce genre d'activité puis est venu l'écriture des romans et j'ai mis de côté la poésie », dit-il à La1ere.fr. « Mais lors de mes nombreux déplacements à travers le monde je me suis rendu compte que je m'arrêtais sur certains détails de la vie. Sans doute rapprochant certaines situations avec les souvenirs de mon enfance. Puis j'ai commencé à mettre mes poèmes dans un carnet que j'ai toujours, très raturé d'ailleurs. »

Ce sont ces textes que nous livre aujourd’hui Dominique Lancastre, révélant une sensibilité à fleur de peau, de la tristesse, parfois une pointe d’amertume envers le monde. Il s’en explique : « La poésie c'est la vie et la vie nous réserve des surprises bonnes ou mauvaises. Il faut savoir les accepter et les transcender. Vous remarquerez que le recueil est dédié à Daniella Paisley-Lancastre, ma première nièce qui malheureusement n'est plus. J'ai voulu en quelque sorte montrer qu'elle comptait beaucoup pour moi. On se remet difficilement de certaines disparitions. Mais les auteurs ont cette capacité de faire revivre des personnes dans leur création. La poésie a l'avantage de consigner en peu de mots des souffrances qu'un long texte ne peut pas vraiment transcrire. »
 

Ode tellurique

Une partie du recueil, où surgissent parfois des poèmes en anglais, l’auteur parlant parfaitement cette langue, évoque sa Guadeloupe natale, son quotidien, la splendeur de sa nature, le vécu de ses femmes et hommes, dans une sorte d’ode tellurique. On y retrouve les jardins de l’enfance, les bougainvilliers, fromagers, jujubiers, les roches, les rivières et l’océan qui ont imprégné à jamais la fibre du poète. « Je raconte des choses simples, comme les cris des enfants dans la savane, la voix d'un chanteur, les nuages ou tout simplement des révoltes. Mais, la poésie c'est aussi la joie et il y a également de la joie dans ces 75 poèmes proposés aux lecteurs », déclare-t-il.

Le romancier guadeloupéen, amoureux entre autres des textes d’Aimé Césaire, de ceux son compatriote Ernest Pépin et de l’écrivain d’origines martiniquaise et bretonne José Le Moigne - « ces auteurs ont le don de la transmission », dit-il - souhaite poursuivre sur sa lancée. « Je vais continuer à publier des poèmes, tout en restant moi-même dans ces écrits. Je crois que l'on modifie toujours les textes à l'infini, ce n'est jamais parfait. Et je ne cherche pas à jouer au grand poète », conclut Dominique Lancastre dans un sourire.  

« Tambours du silence », par Dominique Lancastre (préface d’Ernest Pépin) - éditions alfAbarre, juin 2019, 10 euros.

 

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