Droit de retrait dans un lycée de Mayotte contre des violences scolaires

Droit de retrait dans un lycée de Mayotte contre des violences scolaires
© Mayotte 1ère

Des agents d'un lycée de Mayotte exercent depuis six jours leur droit de retrait pour protester contre des échauffourées qui ont eu lieu vendredi dernier au sein et aux abords de l'établissement, a-t-on appris jeudi de source syndicale.

La1ère (avec AFP) Publié le , mis à jour le

"Une très grande majorité (...) des 200 agents" du lycée de Kahani (centre-ouest de Mayotte) continuaient d'exercer leur droit de retrait jeudi, a confirmé à l'AFP le secrétaire départemental de la CGT Educ'action, Quentin Sedes. Le 19 janvier, de violents affrontements (caillassages et bagarres entre bandes rivales) ont éclaté au lycée, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre et l'évacuation des élèves.

De véritables scènes de guerre

"De véritables scènes de guerre", a dénoncé une intersyndicale, ce qui a poussé de nombreux agents au droit de retrait dès le 20 janvier. En novembre dernier, le personnel de ce même lycée avait déjà exercé son droit de retrait durant près de deux semaines et avait manifesté dans les rues de Mamoudzou (chef-lieu de l'île). Des représentants de la direction générale des ressources humaines (DGRH) de l'Education nationale, présents sur le département, ainsi que le vice-recteur de Mayotte se sont rendus au lycée de Kahani jeudi et y ont rencontré une délégation du personnel.


Les cours ont fait place à des débats 

Si le secrétaire départemental de la CGT Educ'action ne constate pas "d'avancées concrètes", il a noté "un changement de ton" de la part des représentants du vice-rectorat de Mayotte "qui ne remettent plus en cause le droit de retrait". Des mouvements de solidarité ont eu lieu toute la journée de jeudi, a rapporté Quentin Sedes : débrayage dans un lycée du sud de l'île (Chirongui), motion de soutien proposée par un collège du Nord (Dzoumogné) et dans un établissement de l'Ouest (Tsingoni) les cours ont fait place à des débats avec les élèves autour des échauffourées qui s'étaient également produites la veille au sein de leur propre collège.

La CGT Educ'action "demande au ministre d'intervenir rapidement afin de prendre les décisions adéquates, notamment une dotation en moyens éducatifs, pour ramener la sérénité dans ce territoire et pour que l'École ne soit pas synonyme de danger", a indiqué le syndicat dans un communiqué national.

En parallèle, les conducteurs de bus scolaires de Mayotte exercent eux aussi leur droit de retrait depuis mercredi, en raison de caillassages répétés par des jeunes, et réclament des garanties de sécurité pour eux et les élèves qu'ils transportent.