La députée de Paris George Pau-Langevin se retire de la "mission flash" sur l’avenir de France Ô

George Pau-Langevin
© DR | La députée de Paris George Pau-Langevin à l'Assemblée nationale.

Co-rapporteur de la "mission flash" sur l’avenir de France Ô, la députée de Paris d’origine guadeloupéenne George Pau-Langevin a annoncé ce vendredi sur son compte Twitter puis sur France Inter qu’elle se retirait de cette mission.

Philippe Triay
Publié le , mis à jour le

Députée socialiste de Paris, ancienne ministre déléguée chargée de la Réussite éducative et ex-ministre des Outre-mer, membre de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, George Pau-Langevin a annoncé ce vendredi matin sur son compte Twitter puis sur France Inter qu’elle jetait l’éponge comme co-rapporteur de la "mission flash" sur l’avenir de France Ô.

"La Délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale a créé une mission flash sur l’avenir de France Ô. Une mission flash traduit une volonté de coller à l’actualité. Nommée co-rapporteur en décembre 2018, je constate que malgré plusieurs relances, les travaux de cette mission ne commencent pas", écrit la députée.
 

"Je ne peux prendre ce sujet à la légère" 

"La disparition de France Ô est extrêmement inquiétante. Des décisions sont prises pour vider de sa substance cette antenne. Je ne peux prendre ce sujet à la légère et travailler sur le sujet une fois que toutes les décisions auront été prises, voire exécutées. Par conséquence, j’ai informé Olivier Serva (président de la Délégation aux Outre-mer de l’AN, ndlr) que je me retire de cette mission sur France Ô. Je continuerai à suivre de près ce sujet et à rechercher des solutions mais en l'état, cette mission ne m'apporte guère de facultés supplémentaires d'investigations", conclut George Pau-Langevin.
 

Sur France Inter, dans l’émission L’Instant M de la journaliste Sonia Devillers, la députée a ajouté que "l’on se retrouve avec notre mission en train de devoir un jour avaliser des décisions qui auront été non seulement prises à l’extérieur, mais qui auront été déjà mises à exécution. C’est-à-dire qu’avant même de faire si je puis dire 'le procès' et la concertation de la représentation de l’Outre-mer sur les grandes chaînes, on est déjà en train d’exécuter France Ô. C’est quelque chose de grave et c’est la raison pour laquelle je ne vais pas continuer cette mission parce que j’ai l’impression qu’elle ne sert à rien."  
 

"Français de seconde zone"

Quant à l’idée d’une plate-forme numérique dédiée pour les programmes de France Ô, George Pau-Langevin a déclaré : "De la même manière que pendant très très longtemps, les Ultramarins ont pensé qu’ils étaient des Français de seconde zone, là c’est une manière de dire que les cultures et les réalités des Outre-mer, y compris dans l’Hexagone, sont de seconde zone, et que par conséquent elles n’ont pas le droit d’être sur une grande antenne comme les autres. Cela aussi symboliquement, c’est une manière de minorer la place des Ultramarins. (…) Le service public n’a pas simplement des objectifs de rentabilité. Il a aussi des obligations de service public, donc de représenter réellement toute la nation. Actuellement si l’on supprime France Ô, ce ne sera plus le cas et par conséquent il faudra en tirer les conséquences politiques."

Au micro d'Henri Hélie et Massimo Bulgarelli, George Pau-Langevin a notamment dénoncé la lenteur des travaux de la mission. Ecoutez :